Travailler dans une ONG : Avis d’Ali Serhani, Directeur associé de Gesper Services
17 février 2015
Zakaria Lahrach (197 articles)
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Travailler dans une ONG : Avis d’Ali Serhani, Directeur associé de Gesper Services

La fibre sociale et l’expérience internationale, deux atouts pour décrocher un emploi dans une ONG.

A la différence des institutions dans le secteur privé, les ONG sont à but non lucratif. Alors que dans une entreprise il est plutôt question de rentabilité, de gain et de profit (le directeur commercial doit vendre avant tout), l’ONG se proposera comme but l’atteinte d’un certain objectif social (droits de l’homme, environnement, lutte contre la pauvreté, lutte contre une maladie,…). A l’exception de cette distinction, rien ne semble pourtant différencier les deux entités quand on s’intéresse à leur mode de gestion et d’administration, tout à fait identiques puisque dictées finalement par les impératifs d’efficacité et de pérennité. Cela se fait sentir dans les appels à candidature pour des postes au sein de ces organisations.
Contrairement aux idées reçues, les salariés constituent le noyau dur du personnel d’une ONG. Le bénévolat connaît généralement un taux de turnover très important du fait de l’indépendance financière des bénévoles par rapport à l’activité exercée. Dans le cadre de nos activités au sein de Gesper Services, nous avons eu à recruter beaucoup de candidats pour des ONG et des fondations. Le profil qui revient le plus souvent lors des appels à candidatures est le chargé de mission. De formation bac+4 et plus, il possède déjà une expérience internationale en conduite et planification de projets, de préférence dans le milieu associatif.
Il y a toutefois une particularité qui ressort : les candidats, quels qu’ils soient, doivent avoir cette fibre sociale. En effet, et comme on ne peut demander à quelqu’un qui ne s’y connaît pas en chiffres de devenir comptable, il serait impensable d’exiger de quelqu’un dénué d’empathie et de fibre sociale de travailler dans ces organisations. Cela se ressent au niveau des entretiens d’embauche dans lesquels on met plus l’accent sur le savoir-être de la personne que sur le savoir à travers notamment des questions sur la culture générale et l’actualité.
Généralement, toutes les associations marocaines ou implantées depuis des années au Maroc proposent des contrats à durée indéterminée, par contre les associations ou les agences internationales qui travaillent sur des projets ponctuels dans le temps et donc proposent des CDD (entre 16 et 24 mois). Les salaires sont habituellement entre 20 à 30 % de moins que ce que peut offrir une entreprise pour un même statut. On remarque aussi que la majorité des personnes qui se dirigent vers ce secteur ne le font pas par choix mais plutôt par manque d’opportunités dans le secteur privé.
Ce choix de nécessité, couplé au manque de moyens financiers, explique les difficultés que rencontrent ces institutions. Car la question du financement et de l’argent en général dans ce type d’organisations est encore tabou au Maroc. Le simple fait de jeter un œil sur les comptes d’une association ou d’une fondation et de remarquer que le budget est grevé par des salaires élevés est mal perçu. C’est qu’il ne faut pas oublier que, malgré toute la bonne foi et l’engagement moral dont vous pouvez faire preuve, il faut bien payer les factures à la fin du mois. Il faut donc bien payer les gens pour qu’ils accomplissent au mieux la tâche qui leur est assignée comme dans n’importe quelle entreprise.

Zakaria Lahrach

Zakaria Lahrach