Les filières vertes : Questions à Adnane Addioui, Directeur d’Enactus Morocco
4 novembre 2016
Brahim Habriche (1973 articles)
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Les filières vertes : Questions à Adnane Addioui, Directeur d’Enactus Morocco

«Le financement reste la principale difficulté que rencontrent les jeunes porteurs de projets».

Adnane Addioui
Directeur d’Enactus Morocco

La Vie éco : On assiste depuis quelques années à la montée en puissance du green business, de la green tech… Cela intéresse-t-il les jeunes d’entreprendre dans ce domaine ?

Tout à fait ! Depuis deux ou trois ans, l’intérêt est de plus en plus manifeste chez les jeunes qui veulent entreprendre dans ce domaine, que ce soit dans le domaine du recyclage des déchets, la sécurité alimentaire et énergétique…

Comme vous le savez, Enactus est une organisation mondiale qui vise à promouvoir le progrès sociétal par l’action entrepreneuriale à travers le soutien des étudiants d’universités et grandes écoles. Il est évident que 80 à 90% des actions que nous menons portent sur les problématiques environnementales et sociétales.

Pas plus tard qu’il y a une semaine, nous avons mené une action de sensibilisation auprès de 1 500 étudiants d’universités et écoles.

Quels sont, par exemple, les projets que vous soutenez ?

Parmi les projets phare, on peut citer celui de purification d’eau à travers la mise en place d’un système de filtration d’eau à faible coût. On peut citer également le projet de recyclage des sacs en plastique en produits céramique. Et donc, le plus souvent, ce sont des projets qui concernent la biomasse, les solutions de biocombustible… D’autres projets concernent également le tertiaire (recyclage de papier, cartouches d’encre…), le commerce équitable… L’important est que les jeunes essayent de réfléchir sur des solutions à moindre coût. Nous ne cherchons pas des projets qui nécessitent de gros investissements. Un simple exemple : un prototype de recyclage des sacs en plastique ne dépasse pas les 3000 DH.

Quelles sont les difficultés que vous rencontrez ?

Je dirais aujourd’hui qu’un écosystème existe sauf que les entreprises et les institutionnels ne suivent pas les petits projets.

Elles préfèrent suivre les entreprises qui ont au minimum deux à trois ans d’existence.

Malheureusement, si les entreprises, qu’elles soient grandes ou petites, accordaient ne serait-ce qu’un pourcentage minime au financement des petits projets comme les nôtres, on pourrait assister à l’émergence de véritables sucess stories.

Dans ce contexte, beaucoup de petits projets finissent par mourir, faute de financement.

Il faut également que ces porteurs de projets soient connectés aux écosystèmes existants pour qu’ils puissent faire leur réseau.

Brahim Habriche

Brahim Habriche