Premier emploi : la crise pousse les salaires à  la baisse

Les rémunérations des lauréats provenant d’écoles étrangères oscillent entre 200 000 et 240 000 DH annuels bruts. En revanche, les salaires des lauréats d’écoles nationales peuvent parfois ne pas dépasser les 60 000 DH annuels bruts.

Après plusieurs années d’euphorie, les salaires des débutants semblent retrouver des niveaux stables. «Les tendances des dernières enquêtes de rémunération montrent effectivement que les salaires, de manière générale, ne sont plus dans des fourchettes de 10 000 DH et plus mais plutôt à des niveaux plus bas partant de 4 000 DH nets», explique Houcine Berbou, directeur associé du cabinet LMS ORH. Dans ce contexte, les lauréats des écoles de commerce ou d’ingénieurs étrangères continuent de caracoler en tête du classement des meilleures rémunérations. Ainsi, les lauréats de ces écoles peuvent prétendre à des salaires compris entre 200 000 et 240 000 DH annuels bruts. Ils sont talonnés par les écoles marocaines type EHTP ou EMI, dont les salaires vont de 100 000 à 140 000 DH annuels bruts.

Les salaires des lauréats d’écoles marocaines, du genre ISCAE, Université Al Akhawayn, ENCG Settat, sont également compris entre 100 000 et 130 000 DH. De manière générale, les enseignements les plus spécialisés sont les plus payants à l’embauche.

Comment détermine-t-on ces salaires ? Pour des besoins de transparence, toutes les entreprises structurées disposent d’une grille de salaires constituée de niveaux et de fourchettes leur permettant de positionner les salaires d’un jeune lauréat principalement et parfois uniquement sur la base de l’école de provenance.

Compte tenu de l’inexpérience des jeunes lauréats, c’est la formation qui permet de catégoriser cette population. L’évaluation de cette formation repose sur la perception de la valeur ajoutée du nouveau profil ainsi que sur l’adéquation du profil à la nature de l’activité de l’entreprise.

Cependant, il subsiste des exceptions. Et là intervient le second facteur : la perception de l’employeur lors de l’entretien de recrutement. Lorsqu’un recruteur se retrouve devant un profil se démarquant du lot, il ouvre la possibilité de négocier le salaire proposé à la hausse sans dépasser un certain seuil. Ces limites garantissent une certaine équité vis-à-vis de tous les nouveaux lauréats.

Le principe étant qu’au départ, toutes les nouvelles recrues fraîchement diplômées de la même catégorie d’écoles touchent presque le même salaire, c’est plus tard que chacun peut évoluer en fonction des preuves fournies, de la compétence accumulée et de la prédisposition à l’apprentissage.