Conseil emploi : «On m’a refusé le job à cause de mon franc-parler !»

J’ai fait de très bonnes études, un parcours professionnel sans faute et au moment où une opportunité s’est présentée dans mon entreprise, j’étais quasiment certain d’avoir la promotion, mais c’est un autre qui l’a obtenue (de l’extérieur). La raison: tout simplement que mes compétences n’étaient pas remises en question mais c’est mon comportement «trop» direct qui est la cause. C’est vrai que je dis ce que je pense et qu’il m’arrive même de m’énerver mais je ne suis pas un hypocrite, moi !Que me conseillez-vous ? K.D.- Rabat

ON VOUS A RENDU SERVICE ! Il est malheureusement assez rare que l’on communique à une personne qui n’a pas eu une promotion la véritable cause. Par peur de la blesser ou tout simplement par manque de courage. Mais lorsque c’est le cas, et que cette cause est pertinente, alors c’est un véritable service que l’on rend à la personne car elle SAIT ENFIN sur quoi elle doit travailler.

Maintenant, si vous continuez de croire que «dire tout et à sa manière» est la seule voie, vous risquez en effet d’attendre très longtemps une promotion.

Une boule d’émotions

Etre hyper compétent, expert dans son domaine, boucler les dossiers en parfaite autonomie et atteindre les objectifs sont certes des éléments clés mais pas suffisants lorsqu’il s’agit d’envisager un poste à responsabilités. Car si vous n’arrivez pas à canaliser vos émotions, cela indique que vous ne serez pas capable «d’encaisser» les déclencheurs de colères -très nombreux- qui jalonnent la vie d’un manager. Ce qui inquiète donc vos supérieurs c’est que vous soyez amené à ne pas maîtriser certaines situations dont l’impact, si elles étaient gérées de manière inadéquate, serait encore plus important vu vos nouvelles fonctions. Donc, il ne s’agit pas de remettre en question votre «honnêteté intellectuelle» mais bien la manière dont vous l’exprimez.

Donnez-vous une chance

Encore une fois, il n’est pas question ici de vous transformer en «béni-oui-oui» ou, pire, en «hypocrite en cravate» car là encore nous serions dans les solutions extrêmes qui sont très rarement les meilleures.

Pour commencer, analysez (quand vous serez bien calme) vos dernières colères et surtout leurs causes récurrentes. Très souvent, il s’agit de moments où vous n’avez pas réussi à convaincre une personne à adhérer à votre idée, ou vous n’avez pas écouté réellement et jusqu’au bout ses arguments, ou vous avez dû avoir à «gérer» sa mauvaise foi ou encore la «médiocrité» de sa proposition.

Une fois que vous aurez identifié vos «déclencheurs de colère», vous serez déjà mieux armé car vous saurez pratiquement à l’avance à quoi vous pourrez vous attendre à certaines réunions.

Ensuite, à vous de mettre en place quelques règles de base :

– écouter jusqu’au bout sans interrompre pour bien comprendre son point de vue ;

– attendre un moment avant de réagir ;

– reformuler ma remarque de manière plus «diplomate» ;

– retravailler mon argumentaire pour convaincre ;

– choisir mes batailles au lieu de m’engager sur tous les fronts.

C’est un joli défi que vous vous lancez là, car les plus belles batailles sont celles que nous gagnons vis-à-vis de nous-mêmes et celles-ci vous permettront de gagner encore plus en crédibilité mais aussi… en sérénité !

A vous de jouer !