Nos réunions ressemblent à des matchs de boxe

Nous sommes censés être des «Directeurs» responsables, matures, etc.
Nous sommes censés donner l’exemple comme on dit et savoir travailler ensemble. Ça c’est ce qui est écrit dans les jolies affiches sur les murs. Mais la réalité est tout autre !
Nos réunions ne sont que règlements de comptes, passages de patate chaude et bien sûr chacun pense à SA direction sans prendre en compte l’intérêt commun. Alors –et surtout grâce à la présence de 3 personnes particulièrement virulentes– nos réunions s’apparentent vraiment à des matchs de boxe! Et en attendant les décisions tardent, les plans d’action restent dans les tiroirs et on se renvoie la balle. Jusqu’à quand? Que me conseillez-vous ? L.R.- Casablanca

Les guerriers en costume cravate ! Combien vous avez raison de faire le distinguo entre la «façade» et ce qui se passe réellement en «cuisine» !

Malheureusement, les valeurs, process et autres standards sont encore de la théorie pour certaines personnes.Et parmi elles, nous trouvons les «guerriers» : ceux qui ne peuvent envisager leur travail autrement que comme un combat, une lutte à l’issue de laquelle seuls les plus forts, les plus agressifs gagneront.Mais au final, personne ne gagne et c’est l’entreprise la plus grande perdante !

Vos réunions ne sont que le symptôme d’un dysfonctionnement beaucoup plus important : cette équipe ne sait pas travailler ensemble et n’a pas une idée claire de l’objectif qu’elle est censée partager.
Est-ce une question de personnalités voire d’egos surdimensionnés ? OU est-ce la faute du top management qui n’a pas su insuffler ce «team spirit» et qui a même pu aggraver le problème en prônant le «diviser pour mieux régner»? Il va vous falloir examiner la question avec attention.

Tout le monde ne nait pas «guerrier», certains le deviennent. Et c’est parmi ceux-là que vous pourrez éventuellement trouver des pistes de «pacification». Tout simplement parce qu’ils ont des compétences peut être endormies qu’il va falloir «réveiller».

On donne des coups quand on a peur

Etre agressif est un signe de peur, voire de confiance en soi en berne. On attaque quand on se sent en danger et que l’on doit se protéger. Aussi, la première chose à faire est de rétablir la confiance. Ces personnes doivent comprendre qu’elles sont entendues, respectées et que leur périmètre est connu de tous. Concentrez-vous d’abord sur ces personnes car c’est avec elles que vous arriverez à initier le changement et «ignorez» pour l’instant vos trois «médaillés d’or», ils finiront -ou pas- par se rallier aux autres.

Enfin pensez aussi aux plus «timides» et aidez-les à plus s’affirmer sur le ring !

Comme pour tout quand il s’agit de «jouer collectif», il faut mettre en place des règles du jeu. Aussi, -et même si cela peut vous paraître un peu «scolaire»- vous allez devoir mettre en place les règles du match de boxe que sont devenus vos réunions. Certains seront peut-être «offensés» qu’on leur rappelle qu’interrompre une personne, se mettre à crier n’est pas acceptable, mais un carton rouge existe parce que des erreurs sont commises sur le terrain : et c’est le cas aujourd’hui n’est ce pas ?

Les règles du jeu

Vous devrez peut-être pour certains prévoir un accompagnement pour les aider à mieux canaliser leurs émotions, émettre et RECEVOIR une critique. Faites-en sorte que ces personnes se connaissent VRAIMENT et ne rangent pas leurs collègues dans des cases bien définies: les idées préconçues sont les pires dangers pour une équipe.

Enfin, dans un match de boxe, l’objectif est clair : gagner le match, mais pour votre équipe l’objectif reste flou. Alors, faites en sorte de définir clairement ce qui est attendu de chacun d’entre eux et aussi et surtout :  COLLECTIVEMENT.Amenez-les à utiliser cette agressivité et ce côté battant sur les vrais sujets de l’entreprise et non entre eux ! Vous imaginez votre équipe de boxeurs œuvrant ensemble pour décrocher des résultats ?

Laissons le dernier mot au plus grand d’entre eux, Mohamed Ali : «Vos mains ne peuvent frapper ce que vos yeux ne peuvent voir».