Mon collègue se plaint tout le temps !

J’étais bien tranquille dans mon bureau, jusqu’au jour où on m’a imposé un nouveau collègue. Déjà ça n’est pas évident de partager son bureau quand on a eu pendant des années l’habitude d’être seul, mais en plus, cette personne est une vraie fabrique de complaintes et autres critiques. J’ai bien essayé de lui montrer «le bon côté des choses», j’ai même essayé de l’aider sur certains sujets mais rien à faire, c’est toujours lui la victime et je n’ai pas du tout envie de devenir comme lui !

Que me conseillez-vous ?T.M.- Casablanca

L’attitude, le premier pas.
Eh oui, il existe effectivement des personnes qui ne s’expriment que pour émettre une critique ou leur mécontentement. Qui a envie de collaborer avec une personne qui n’est jamais contente de rien ?
Et vous avez raison de vous en inquiétez, car même avec un moral d’acier difficile de résister face à cette haute dose de «bad vibes» !

Le triangle de Karpman

Le triangle de Karpman met en scène trois types de protagonistes : la victime, le sauveur et le persécuteur. En quelques mots voici ce qui, en général, se passe. Parlons d’abord de la victime : «Je n’ai jamais de chance», «c’est toujours à moi que ça arrive» «il m’en veut personnellement»… sont des phrases que nous entendons souvent de ces personnes, et leur dénominateur commun est bien le fait qu’elles se déresponsabilisent complètement de la situation ! Elle n’a pas obtenu une promotion ?, c’est à cause de ce méchant manager qui ne l’aime pas et certainement pas parce qu’elle a atteint péniblement 20% de ses objectifs cette année.
Son ordinateur a planté et elle a perdu toutes ses données ? Il n’y a qu’à elle que ça arrive et non parce qu’elle n’a pas fait sa sauvegarde régulièrement… Ainsi, la victime n’étant jamais la cause de son problème, elle s’installe confortablement dans son rôle, attendant son sauveur pour mieux «savourer» sa position.
Ce sauveur lui aussi se nourrit de ce triangle, car il ne cherche pas (dans le contexte du triangle) à aider cette personne pour qu’elle puisse être autonome mais bien pour faire perdurer ce lien, sans compter que la victime ne supporte pas les solutions qu’on lui propose puisqu’elle ne pourrait plus être dans son rôle ! Vous l’avez compris, endosser le rôle de «sauveur» de la «victime» dans ce triangle est bien la dernière des choses à faire !

Refusez de rentrer dans le triangle

A la prochaine «chikaya», écoutez votre collègue jusqu’au bout, puis, calmement, répondez-lui que vous comprenez combien cela doit être difficile pour lui mais que vous ne pouvez rien faire. Enchaînez en lui demandant de réfléchir à ce qu’il pourrait faire différemment pour éviter à l’avenir ce type de désagrément.
En agissant de la sorte, vous renvoyez la responsabilité à cette personne tout en respectant son ressenti du moment. Mais surtout, vous arrêter de nourrir le triangle !
Et puis…
Pas de sauveur = pas de victime ! Car c’est en elle qu’elle doit trouver la solution, en prenant conscience que si elle est entrée dans ce triangle elle peut aussi en sortir ! Enfin, multipliez les occasions de rencontrer des personnes «moins négatives» car vous avez raison: côtoyer au quotidien des personnes comme votre collègue peut être assez difficile à vivre. Alors, concentrez-vous sur votre travail et rappelez-vous : ne rentrez pas dans le triangle, et ce, dans n’importe lequel des trois rôles !