Les entreprises s’approprient le hackathon pour favoriser l’innovation

Les entreprises font désormais place à une nouvelle forme d’intelligence et de travail collaboratif : le hackathon. Entre autres thèmes abordés, l’enchantement de l’expérience client, le supply chain et le développement durable. Sans suivi rigoureux, certaines idées développées peuvent rester à l’état de projets.

Matchs de playstation, cours de yoga, séminaires de formation sur les dernières technologies… Les entreprises ne reculent devant rien pour captiver et susciter des collaborateurs autour de problématiques sérieuses. Elles font désormais place à une nouvelle forme d’intelligence et de travail collaboratif : le hackathon.

A l’origine, ces brainstorming nouvelle génération,  (hackathon : contraction de hacker et de marathon) étaient destinés au monde du digital. Les développeurs ayant pour objectif de mener une session intensive de programmation informatique collaborative sur un laps de temps court (souvent un week-end au minimum entre 24 et 48 heures), sans interruption. Les hackathons ciblaient alors un public ultra-spécialisé et se déroulaient principalement au sein des écoles d’ingénieurs en informatique. L’objectif est de se réunir pour trouver de nouvelles idées, concevoir des prototypes d’application ou de services en ligne sur un thème choisi.

Facebook, Google et plein de start-up sont friands de tels événements. Mais depuis quelques années, le phénomène a touché d’autres secteurs, à l’image des banques et assurances, de la grande distribution ou même des administrations publiques.

Cet élargissement fait aussi que les thématiques sont de plus en plus variées. Ils vont de l’enchantement de l’expérience client à la supply chain, en passant par la santé, et les problématiques de développement durable. A la clé, des services innovants qui enrichissent l’expérience digitale.

Le Maroc n’est pas en reste. Des entreprises s’y sont mises, à l’image du groupe Attijariwafa bank avec son programme continental «Smart Up»,  de HPS, de Microsoft Maroc,  du Crédit immobilier et hôtelier (CIH) ou encore du groupe OCP.

Même les associations civiles n’échappent pas à cette tendance, puisque plusieurs d’entre elles ont participé au développement des projets innovants dans le cadre du projet Smart City.

Un moyen de repérer et de reconnaître les talents

Plusieurs facteurs expliquent le succès de ces séminaires nouvelles générations. A commencer par l’innovation. «Les hackathons sont un excellent concept pour  booster l’innovation au sein de l’entreprise, transférer des compétences, développer des techniques agiles…», explique Mehdi Alaoui, DG de Screendy, start-up spécialisée dans l’organisation de tels événements. Et de continuer que «de plus en plus de hackathons s’ouvrent à tout un chacun, et la condition pour y participer n’est autre que la motivation d’apporter une réponse à un problème ciblé, sans forcément être développeur ou expert en nouvelle technologie et numérique».

Le succès de ces séminaires tient aussi aux comportements des nouvelles générations. Après les serious games, utilisés pour détecter les profils atypiques, les entreprises ont été poussées à repenser leur processus de formation. «Avec les hackathons, les participants vivent des expériences apprenantes et font face à des situations inédites tout en s’amusant», poursuit M. Alaoui. La liberté que l’on donne aux participants est aussi un moyen de repérer et de reconnaître les talents. Apprendre, partager et comprendre font partie des multiples étapes de la transformation des entreprises, qui peuvent d’ailleurs s’appliquer à différentes entités de l’entreprise.

C’est également un moyen pour renforcer la collaboration avec les écoles et universités. Pour Aida Bencherif, responsable communication chez Capgemini Maroc, «la mise en place du concours Capgemini Coding Challenge a permis, d’une part, de tisser des liens très forts avec les écoles, et, d’autre part, d’encourager les jeunes développeurs et les universités à exceller dans les métiers du développement informatique au Maroc et de se hisser à un niveau compétitif national».

Malgré tout, les hackathons n’engendrent pas toujours de réelles innovations. En raison du rythme soutenu de ces évènements, ils laissent peu de place au recul et à l’approfondissement.

L’après-hackathon reste également difficile à négocier pour les entreprises. Certaines idées développées dans le cadre d’un hackathon peuvent malheureusement rester au stade de «projet».