« La réalité virtuelle permet d’entrer dans des zones difficiles d’accès »

Depuis trois ans environ, la réalité virtuelle est devenue accessible en termes d’investissement et de déploiement. Lydec a déployé cette technologie pour mieux entraîner et sensibiliser ses employés aux risques liés aux opérations de consignations et déconsignations.

Avec la réalité virtuelle, la formation prend une nouvelle dimension. Depuis quelques années, cette technologie est plus accessible et permet de toucher plus d’activités autres que les métiers techniques. Ce n’est que le début ! L’arrivée de la 5G permettra à plus moyen terme de lancer les simulations en streaming, sans oublier la convergence entre la réalité virtuelle et la réalité augmentée. Explications avec Oussama Esmili, DG du cabinet Ideo Consulting.

De plus en plus de grands groupes internationaux sont convaincus par la formation en réalité virtuelle. Qu’en est-il des entreprises marocaines ?
La réalité virtuelle n’est pas une technologie nouvelle, elle est employée depuis longtemps dans l’industrie automobile ou dans l’aéronautique, mais depuis trois ans environ, elle est devenue accessible en termes d’investissement et de déploiement. Lydec par exemple a ainsi décidé d’utiliser et de déployer la réalité virtuelle pour mieux entraîner et sensibiliser ses employés aux risques liés aux opérations de consignations et déconsignations en basse et haute tension.
Nous avons aussi noté des marques d’intérêt de Royal Air Maroc (RAM), de l’Office chérifien des phosphates (OCP), de Colas et bien d’autres. Le fait d’avoir maintenant accès à un catalogue d’exercices déjà constitué, dont les consignes sont proposées en français mais aussi en darija va permettre aux entreprises marocaines d’accéder plus rapidement à cette technologie.

Quels sont les avantages pour les entreprises ?
Pour les entreprises, en matière de formation, la réalité virtuelle va permettre de faire découvrir et d’entrer dans des zones difficiles d’accès, de simuler des tâches difficiles/impossibles à reproduire dans un environnement réel, de créer des dangers pour soi-même et pour les autres, sans risques, d’utiliser virtuellement des équipements et des matériaux coûteux et au final de réduire fortement les coûts de formation

La formation concerne souvent les métiers techniques. Quels sont les autres domaines couverts ?
Il existe effectivement des formations à la vente, à l’accueil… en réalité virtuelle. Ces formations sont à ce stade un peu plus coûteuses à réaliser car elles nécessitent en général un gros travail en matière de réalisme et d’intelligence artificielle pour rendre les dialogues et les échanges pertinents et immersifs. Le développement constant de la technologique devrait permettre cependant de travailler sur ces sujets très prochainement.

Pourquoi la réalité virtuelle est-elle une bonne solution pour la formation ?
Au-delà de l’intérêt pour l’entreprise dont nous venons de parler, cette technologie va permettre aux salariés d’expérimenter et de pratiquer, d’évoluer à leur propre rythme, de s’auto-évaluer, d’apprendre de leurs erreurs et au final de mieux mémoriser et d’améliorer leurs comportements.
Mais pour les formateurs aussi cette technologie est intéressante. Elle permet de pratiquer des enseignements abstraits, de fournir des expériences crédibles, d’enregistrer l’activité des apprenants, de pouvoir revoir, discuter, comprendre, rejouer l’activité, de lancer des scénarios aléatoires ou au contraire de les choisir en fonction de l’apprenant. Au final, cette technologie vient parfaitement compléter les formations en e-learning et enrichir la formation traditionnelle.

Comment réagissent les personnes immergées dans la réalité virtuelle ?
L’adhésion est très forte, quels que soient l’âge, le sexe ou le poste du salarié.
Les personnes qui ne connaissent pas la réalité virtuelle sont parfois au départ curieuses ou hésitantes, mais après quelques secondes passées dans l’univers, elles se familiarisent rapidement avec la façon de se déplacer et de prendre les objets et sont totalement immergées. Cette immersion va nous permettre de simuler des opérations et des situations de travail extrêmement réalistes.
Pour les salariés, le fait d’être actifs au cours de la formation change complètement leur rapport à ces sessions.

Selon vous, quelle est la prochaine étape dans la réalité virtuelle ?
La tendance est à la simplification des casques. Nous allons bientôt pouvoir travailler avec des casques sans fils et des casques autonomes qui ne nécessiteront plus de PC et qui permettront un déploiement plus rapide. Il y a aussi la reconnaissance de ses propres mains qui pourront être utilisées directement dans les simulations et permettent des opérations encore plus précises. On peut aussi évoquer l’utilisation dans certaines simulations d’objets connectés. L’arrivée de la 5G permettra aussi à moyen terme de lancer les simulations en streaming. N’oublions pas également une tendance de fond, qui est la convergence entre la réalité virtuelle et la réalité augmentée.

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