La réalité virtuelle ouvre de nouvelles voies d’apprentissage

Formation aux recrutements, négociation commerciale, métiers de la banque, ressources humaines… l’immersive learning ouvre de nouvelles perspectives dans tous les domaines d’activités. La démocratisation des outils permet d’intégrer le 360° dans la plupart des dispositifs de formation.

La réalité virtuelle s’est incrustée dans le domaine de la formation.Cette technologie ne date pas d’hier. Pendant longtemps, elle a été utilisée au sein de la NASA, dans les domaines des chemins de fer, de l’aviation, dans l’architecture et l’urbanisme ou encore dans la gestion des centrales nucléaires. Au départ, les premiers programmes nécessitaient des moyens techniques et logistiques importants, lourds à déployer et très coûteux. Aujourd’hui, ce n’est plus le cas, la démocratisation des outils permet d’intégrer le 360° dans la plupart des dispositifs de formation. L’immersive learning ouvre de nouvelles perspectives dans tous les secteurs d’activités.

De nouveaux usages sont en train d’émerger et la technologie touche aussi bien le marketing que la formation aux entretiens en passant par l’avant-vente, la négociation commerciale, les métiers de la banque, l’industrie, la distribution, les ressources humaines, la finance…

Aujourd’hui, à l’international, des grands groupes sont séduits par la technologie. C’est l’exemple de KFC, qui se sert de la gamification pour former son personnel à préparer du poulet frit en 35 minutes chrono, ou encore celui d’UPS qui l’utilise pour sensibiliser ses coursiers aux dangers de la route. Dans un autre registre, le spécialiste américain de la grande distribution, Walmart, forme ses employés grâce à la réalité virtuelle à la gestion du stress, notamment aux grandes occasions telles que le black friday afin qu’ils fassent preuve davantage de résilience face à ces situations.

Une enquête réalisée par CapGemini montre que 82% des entreprises ayant adopté les technologies empruntées à la VR sont amplement satisfaites des résultats. Cette étude réalisée sur un panel de 603 entreprises révèle également que 50% d’entre elles prévoient de les étendre à tous leurs départements dans les trois années à venir. Bien plus, 75% des entreprises du panel affirment avoir également une augmentation de leur bénéfice opérationnel de 10% grâce à ces technologies. C’est le cas de Boeing, qui a récemment constaté une augmentation de 40% de la productivité de son activité de câblage, ou encore de Ford, qui a noté une baisse significative de 70% des cas de blessures sur ses plateformes d’assemblage. Certains pays comme la Chine et les États-Unis sont nettement avancés dans l’usage de ces technologies, la tendance prend également de l’ampleur en Europe, notamment en Allemagne et en France.

Au Maroc, certains groupes commencent à s’y intéresser. Selon Oussama Esmili, DG du cabinet Ideo Factory, qui entend faire connaître cette technologie au Maroc, «Lydec a déjà développé, en 2018, un module en réalité virtuelle sur la consignation électrique. Celui-ci permet de plonger l’apprenant dans une simulation réaliste d’intervention sur les installations de réseaux à haute et basse tensions. D’autres groupes sont en train d’y penser comme Royal Air Maroc, l’Office chérifien des phophates ou Colas», souligne-t-il. Et de poursuivre que «les modules en darija vont permettre aux entreprises marocaines d’accéder plus rapidement à cette technologie. Nous pensons que ces nouvelles modalités de formation sont là pour durer, car elles proposent un degré d’interactivité inégalé qui permet réellement à l’apprenant de se former par la pratique. Ce sont des avantages qui sont particulièrement importants dans des domaines tels que l’hygiène, sécurité et environnement en général».

Préparer l’apprenant à l’imprévisible

Cette technique de formation, à la fois ludique et motivante, consiste à plonger l’apprenant, le professionnel ou la nouvelle recrue dans un environnement virtuel qui se rapproche le mieux possible de sa vie professionnelle et de ses responsabilités de tous les jours. En créant ou reconstituant le décor de travail et d’intervention de l’utilisateur à travers la 3D et le 360°, l’Immersive Learning propose une simulation interactive innovante et stimulante dans un espace virtuel pour s’imprégner du sujet de la formation. L’apprenant peut dès lors tester des solutions à l’infini, se préparer à l’imprévisible, dans ce monde virtuel où les erreurs ne coûtent rien.
Pour le DG du cabinet Ideo Factory, «l’adhésion est très forte à la VR, quels que soient l’âge, le sexe ou le poste du salarié.
Les personnes qui ne connaissent pas la réalité virtuelle sont parfois au départ curieuses ou hésitantes, mais après quelques secondes passées dans l’univers, elles se familiarisent rapidement avec la façon de se déplacer et de prendre les objets et sont totalement immergées».

La technique offre ainsi une solution complémentaire permettant de tester ses compétences en situation réelle avec un retour immédiat afin de corriger ses erreurs.
Le cabinet s’est également associé à Immersive Factory, spécialiste européen de la formation en réalité virtuelle. Celui-ci, en plus de disposer d’un catalogue sur étagère de modules prêts à l’emploi dans le domaine du HSE dont il est spécialiste, offre également des modules sur-mesure, conçus et développés pour être adaptés aux environnements de travail de chaque client.

Le cabinet compte parmi ses références de grands groupes industriels tels que Suez, Veolia, Air Liquide, EDF, Seb, Saint-Gobain, Colas, Engie et autres.
A l’avenir, la VR prendra de l’ampleur. La mise en place de casques sans fils et des casques autonomes permettront un déploiement plus rapide ainsi que l’utilisation dans certaines simulations d’objets connectés. Sans oublier l’arrivée de la 5G qui permettra à moyen terme de lancer les simulations en streaming.

Nous avons intégré progressivement les solutions digitales dans la formation

Pour accomplir ses missions et assurer des services de qualité à ses clients, Lydec s’appuie sur ses femmes et ses hommes. L’accompagnement de ce capital humain par la formation et le développement des compétences a toujours constitué une priorité pour notre entreprise.
Notre politique de formation vise à accompagner les collaborateurs dans le développement de leurs compétences en leur assurant des formations adaptées et sur-mesure en lien avec nos métiers, à savoir l’eau, l’assainissement liquide, l’électricité, l’éclairage public et la prévention-sécurité, mais aussi dans les domaines transverses de communication ou de management.
Lydec continue à investir dans la formation présentielle. Nous dispensons en moyenne de près de 80 000 heures de formation par an. Cela passe essentiellement par des formations théoriques avec des exercices pratiques dans des salles de formation pédagogique et des plateformes qui reflètent la réalité du terrain.
Depuis quelque temps, la transformation digitale a pourvu la formation continue de nouveaux modèles d’apprentissage. C’est ainsi que nous avons intégré le digital learning dans notre processus de formation. D’abord, cela nous permet d’être cohérents avec le plan global de digitalisation de l’entreprise. Aussi, le fait de former nos collaborateurs moyennant le digital learning leur permet de développer leurs compétences digitales et de les mobiliser moins longtemps, tout en mettant à leur disposition des formations plus accessibles.
En 2018, nous avons intégré l’immersive learning comme outil pédagogique innovant et stimulant pour une formation sur la consignation électrique. Nous avons aussi l’ambition de développer d’autres modules liés à nos métiers.
Il s’agit d’une technique qui consiste à plonger le collaborateur dans un environnement virtuel qui le rapproche de sa situation professionnelle, afin de lui permettre de tester ses compétences en situation factuelle sans pour autant présenter des contraintes en termes de risques et de temps.
Ils peuvent tester différentes situations et balayer tous les scénarios auxquels ils peuvent être confrontés. Contrairement à la formation en milieu réel, ce type de formation permet de s’entraîner à réaliser des actes métiers sans danger et où l’erreur n’entrave pas la sécurité, mais devient formatrice.

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