La maîtrise de plusieurs langues n’est plus un choix, mais une nécessité

Avec l’ouverture internationale, beaucoup d’entreprises obligent leurs cadres à développer leurs compétences linguistiques. Les organismes de formation proposent des formules «entreprise» mêlant actions personnalisées ou en groupe, mises en situation réelles, visioconférences et coaching.

Faire de la prospection, négocier, rédiger des contrats, préparer des interventions dans des rencontres internationales, comprendre les manuels de procédure… Dans un monde gobalisé où les échanges continuent de se développer, il est impératif pour un cadre de maîtriser une ou plusieurs langues étrangères. Pendant que les politiciens s’étripent sur la place de l’arabe dans l’enseignement supérieur, les entreprises ont compris depuis longtemps qu’il est improductif de s’enfermer dans sa tour d’ivoire et recherche des profils en mesure de les faire rayonner dans le monde entier. En dehors du français assez bien pratiqué dans le royaume, une bonne connaissance de l’espagnol et de l’allemand est très utile et celle du chinois sera de plus en plus nécessaire du fait de la montée en puissance de ce pays. Mais l’anglais s’est imposé comme «LE» moyen de communication dans le monde des affaires.

Par conséquent, dans certaines entreprises de la place, les recrues sont obligées d’avoir le Toeic (Test of english for international communication), un niveau qui sert de baromètre international. En plus de la communication, elles doivent être capables de rédiger des rapports entièrement en anglais.
Pour faciliter la pratique, d’autres, très tournéee vers l’étranger, encouragent leurs collaborateurs à privilégier la langue de Shakespeare pendant une journée par semaine.

Se former en situation réelle

Bref, si tous les moyens sont bons pour développer les compétences linguistiques des salariés, «cette politique d’apprentissage des langues reste prioritaire dans beaucoup d’entreprises», comme le souligne Asmaa Charraf, secrétaire générale en charge du pôle ressources chez IB Maroc et qui ajoute que ce type de formation est un investissement dont la rentabilité se mesure par le développement des relations avec le monde extérieur.

Pour répondre aux besoins, les organismes de formation en langues multiplient leurs offres à destination des entreprises, mêlant des actions personnalisées ou en groupe et des mises en situation réelles ou en visioconférences.

Autre pratique développée, le coaching qui permet au formateur d’assister l’apprenant à perfectionner son style d’expression orale et écrite, surtout s’il doit mener une réunion ou une présentation en anglais. Egalement au programme, des formations par téléphone pour des séances de 15 à 20 minutes pour apprendre aux candidats à mieux communiquer avec leurs partenaires au téléphone.

Le coût d’une telle formation dépend de la formule choisie (intensive ou pas), du nombre de participants ou de la période choisie, sachant qu’aujourd’hui beaucoup d’organismes s’adaptent à proposer des formules à l’année avec tarif préférentiel.

«Beaucoup d’entreprises réclament la maîtrise d’une langue étrangère à leurs cadres»

La Vie éco : En tant qu’organisme spécialisé dans l’apprentissage des langues, vous ciblez un marché spécifique qui est celui des entreprises. Quels sont les programmes que vous proposez ?
Il est vrai que 98% de notre cible est constitué d’entreprises, filiales de multinationales, grands groupes marocains mais aussi les PME qui n’hésitent plus à former leurs cadres aux langues.
Aujourd’hui, beaucoup d’entreprises réclament la maîtrise d’une langue étrangère à leurs cadres. Bien évidemment, l’anglais se situe en pôle position, sachant que le français et/ou l’arabe sont considérés comme un acquis. Il faut souligner que nous développons des contenus spécifiques aux besoins des entreprises après analyse de leurs besoins. Les cours peuvent aussi bien être dispensés au sein de l’entreprise qu’au sein de notre centre. Nos actions de formation sont également dispensées par des experts métier aussi bien dans la finance, l’ingénierie, la santé, le juridique, les techniques de ventes…
Notre offre se base sur des ateliers et séminaires professionnels qui visent l’amélioration rapide des compétences en se concentrant sur des situations vécues au quotidien. Pour exemple, nous pouvons aider un manager à diriger une conf call avec un partenaire étranger en situation réelle.
Pour plus de flexibilité, les sessions peuvent être dirigées en one to one ou en groupes avec des horaires fixés par l’apprenant.
L’action de formation ne se limite pas à l’apprentissage de la langue, elle consiste aussi à mettre la personne en confiance, surtout que beaucoup de gens sont gagné par le stress lors de l’apprentissage d’une langue. C’est pourquoi nous développons beaucoup du coaching linguistique.

Ces formations sont-elles destinées à toutes catégories de cadres ?
Effectivement, le top management est le premier concerné mais nous avons également des cadres opérationnels, des managers d’équipe qui souhaitent se perfectionner. Souvent, des cadres sont promus en managers d’équipe mais ne possèdent pas les soft skills nécessaires pour gérer leurs équipes.
De ce fait, les modules de formation peuvent concerner aussi bien la prise de parole en public, l’animation de réunion, les négociations commerciales, la prise de contacts, la rédaction d’e-mails, les appels téléphoniques, la gestion des conflits, la gestion des clients difficiles…

Vous avez cité l’anglais comme première langue sollicitée. Y en a-t-il d’autres ?
Toujours avec la même approche, les formations concernent le français, le portugais, l’espagnol, l’italien, l’allemand, le russe, l’arabe ou la darija.
Ceci dit, nous sommes souvent sollicités pour l’espagnol et le français, que ce soit pour des modules de prise de parole en public ou pour l’animation de réunions.

 

 

Dans un environnement mondialisé, les polyglottes sont très demandés

Chaque année, nous aidons nos collaborateurs à développer leurs compétences linguistiques, notamment en anglais, langue qui est aujourd’hui universelle.

La raison est que nous travaillons beaucoup avec des partenaires partout dans le monde, en Europe, en Asie ou en Afrique ou au Moyen-Orient, dont la plupart sont anglophones. Il nous est nécessaire de maîtriser plusieurs langues.

Les cadres sont bien évidemment les premiers concernés puisqu’ils communiquent énormément par internet avec les partenaires étrangers ou bien utilisent des documents souvent rédigés en anglais, que ce soit dans notre cœur de métier que sont les services informatiques mais aussi les achats & logistique, les ventes… ou au niveau du back-office où nous exigeons une maîtrise parfaite du français et de l’anglais.

Nos collaborateurs ont également la possibilité de s’auto-former en langues car le e-learning facilite énormément l’apprentissage.

Dans un environnement mondialisé, les polyglottes sont de plus en plus demandés par les entreprises. A compétences techniques égales, un profil maîtrisant une ou plusieurs langues étrangères sera très probablement privilégié par un recruteur. En effet, les entreprises sont de plus en plus nombreuses à interagir avec des interlocuteurs internationaux et il est intéressant d’avoir des ressources permettant de développer ces relations.

 

Les séminaires intra-entreprises sont de plus en plus prisés

Aujourd’hui, la tendance est à la formation intra-entreprises. Généralement, ce sont les grands groupes qui nous sollicitent pour disposer de nos enseignants à titre permanent, et ce, pour des contrats sur deux à trois ans.

A cet effet, nous leur proposons une flexibilité totale au niveau du suivi des cours. Les participants ont la possibilité de commencer leurs enseignements à tout moment de l’année avec la possibilité de progresser à leur rythme. Nous leur proposons également des formations blended learning qui intègrent une vingtaine de niveaux de formation consacrés à l’apprentissage de l’anglais général et professionnel.

De même que les apprenants ont la possibilité de suivre leurs cours sur des applications mobiles.

Nous constatons que tous les profils sont soucieux de développer leurs compétences linguistiques. Cela va des directeurs généraux aux salariés de base, en passant par les commerciaux, les financiers et les juristes.

La demande est exprimée souvent lorsque ces participants participent à des manifestations ou séminaires à l’étranger, surtout quand il s’agit d’une prise de parole ou d’une intervention.