«Je n’ai jamais de chance !»

Je n’ai jamais eu de chance, d’abord dans mes études avec des professeurs injustes et maintenant dans mon travail. Je suis la personne qui travaille le plus. Mes collègues ne font que regarder des vidéos toute la journée en faisant croire au Boss qu’ils travaillent. Sans parler de ceux qui mentent pour expliquer un retard ou une absence. Dernièrement je croyais que j’allais avoir un bonus, mais il y a eu une erreur sur un dossier (et mon collègue me l’a collée sur le dos). Du coup, mon boss m’a annoncé que je n’aurai rien. Inutile d’aller lui parler, je sais d’avance ce qu’il va me répondre.

Que me conseillez-vous ?

La chance c’est quoi ?
«Cela n’arrive qu’à moi» est une affirmation souvent entendue des personnes qui vivent ce que vous vivez. Certes, il arrive que nous rencontrions des situations où nous n’avons pas – ou très peu- de contrôle, mais lorsque cela se répète, il devient intéressant de réfléchir différemment à la question.Mais la chance, c’est avant tout du travail et la capacité de reconnaître une opportunité quand elle se présente.

Le mot «chance» vient du mot latin «cadere» qui veut dire «tomber» et qui faisait référence à l’époque, au jeu d’osselets, il y a une notion de hasard et de non contrôle dans ce mot. Vous avez beaucoup de champs d’action que vous avez laissés justement à…la chance ! Je n’irai pas jusqu’à vous dire de «forcer» la chance mais au moins, de reconnaître celle que vous avez vraiment mais que vous n’utilisez pas.

Sortez de votre rôle de victime !

Le triangle de Karpman (inventé par le psychologue du même nom pour expliquer certains modes relationnels) met en scène trois acteurs : la victime, le persécuteur et le sauveur. La victime est donc «persécutée» par le persécuteur et attend de son sauveur (qui «savoure» lui aussi son rôle) qu’il la sorte de cette situation sans jamais se rendre compte qu’elle a un rôle dans tout cela. Et même un rôle majeur puisque sans elle : plus de «bourreau» ni de sauveur !
On ne décide pas de jouer ce rôle de victime, on s’enferme dedans jusqu’à ce que l’on soit convaincu de ne pas avoir d’autres choix. Et c’est alors que l’on finit par se déresponsabiliser complètement.

Lorsque vous déciderez que vous n’êtes la victime de personne, de nouveaux horizons s’ouvriront à vous et vous prendrez la pleine mesure de vos capacités et surtout de vos responsabilités ! Ainsi, si l’on vous impose un travail qui n’est pas de votre ressort, et alors que votre collègue a tout le temps de s’en occuper, refusez cela tout simplement. Quant à ce bonus que l’on vous refuse : battez-vous si vous êtes convaincu que vous le méritez au lieu de vous draper une nouvelle fois dans votre rôle de victime incomprise. Un patron ne peut pas tout deviner surtout lorsqu’on s’évertue à ne rien lui dire de la vérité !
Mais pour tout cela, il faut sortir du triangle, n’est-ce pas ?

Vous ne pouvez continuer de subir, vous avez le pouvoir d’agir, c’est juste qu’avec le temps vous l’avez un peu oublié… Et surtout vous avez de sacrés atouts en mains ! D’abord votre expérience (qui compte double vu tout le travail réalisé) que vous devez apprendre à mettre en avant, votre capacité de travail, votre capacité à gérer vos émotions aussi (peut-être un peu trop), tout cela est votre chance et c’est vous qui l’avez construite. Alors affirmez-vous et apprenez à dire non pour mieux dire oui aux choses vraiment importantes pour vous. Et si votre entreprise n’a pas su reconnaître vos talents, alors il en existe sûrement d’autres ailleurs qui sauront le faire.