Financement et contraintes administratives : entraves majeures à  la création d’entreprises

Enquête du CJD et de LMS. Les personnes sondées réclament un accès plus facile au crédit et l’accompagnement dans les phases pré et post démarrage. Le commerce est le secteur qui attire le plus.

Inciter les pouvoirs publics à faire encore plus d’efforts pour encourager l’auto-entrepreneuriat, c’est un des principaux axes de travail du Centre des jeunes dirigeants (CJD). Pour appuyer sa démarche et montrer les leviers sur lesquels il est impératif d’agir, il a commandé une étude dont les résultats viennent d’être publiés. Menée par le cabinet LMS sur un échantillon de 489 personnes dont la moitié est sans emploi et l’autre moitié constituée de cadres et d’étudiants, cette étude vient appuyer, selon l’organisation, «la pertinence du Salon des entrepreneurs et des entreprises d’Afrique qui sera organisé en mars 2012 sous le thème : «L’entrepreneuriat, un véritable levier pour la création d’emploi en Afrique».
Elle révèle qu’un répondant sur dix s’est déjà lancé dans la création d’entreprise. Ce résultat, en soi très faible, montre qu’il y a encore beaucoup à faire. Mais, ce n’est pas par simple souci d’assurer son confort en se rabattant sur le salariat que le Marocain se détourne de la création d’entreprises. Pour les sondés, les goulots d’étranglement sont très nombreux, et l’étude ne fait que confirmer ce qui est identifié ou mis en exergue par d’autres travaux du genre. Mais le fait qu’il y ait un rappel insistant est de nature à favoriser la prise de conscience des décideurs publics.

Le commerce plébiscité

Parmi les facteurs répulsifs, la complexité des procédures administratives, l’absence de soutien et d’aide et le manque de financement viennent en tête avec respectivement 84%, 77% et 75% des citations des sondées. Le manque d’expérience n’est évoqué que dans 11% des cas. Les solutions s’imposent donc d’elles-mêmes. C’est ainsi que 83% des répondants considèrent que les facilités de financement et l’aide à l’implantation constituent des leviers prioritaires. Suivent l’assistance et l’accompagnement des entrepreneurs (16%) pour les aider à réussir les phases de démarrage et de développement. Sur ce chapitre, les avantages fiscaux sont cités en premier (47%). Suivent la simplification des procédures administratives (41%), trouver un local (9%) et l’aide à transformer l’idée en projet (3%).
Ces informations renforcent l’idée que les différents dispositifs d’aide et de financement  sont insuffisants. A moins que le vrai problème ne soit recherché du côté de l’absence d’esprit d’initiative.
L’étude confirme par ailleurs que le tertiaire reste le secteur le plus attirant pour les créateurs d’entreprises. La préférence va d’abord au commerce : 31,90% des personnes interrogées l’ont inscrit en tête de liste. Sont ensuite cités le tourisme (20,10%), l’industrie  (12,5%) et les finances (10,90%), entre autres.