Ecoles/entreprises : de nouvelles formes de partenariats émergent

Le partenariat entre grandes écoles et universités, d’une part, et entreprises, de l’autre, ne se limite plus aux stages et aux formations, il est maintenant étendu à la R&D et aux chaires d’entreprises.

Depuis quelques années, les liens entre les écoles/universités et les entreprises ne cessent de se développer et ne se limitent plus aux stages et autres formations diplômantes ou certifiantes. Le partenariat touche des domaines plus étendus comme la R&D.

Par exemple, Intel, acteur majeur dans le monde de l’innovation informatique, avait choisi, il y a quelques années, l’Ecole Mohammadia des ingénieurs (EMI) pour développer des programmes basés sur la nouvelle carte Intel Galileo. Le but étant de mettre la puissance de la technologie Intel dans les mains d’autant d’étudiants et de formateurs que possible.

Plus original, depuis peu quelques entreprises se sont lancées dans les chaires. Son principe est simple : une petite équipe détachée par l’établissement de formation, dirigée par des scientifiques, développe des activités de recherche, de formation initiale et de formation continue au profit de l’entreprise.
En 2017, Maghreb Steel a développé cette démarche avec la Fondation Ecole Centrale de Casablanca autour de la thématique de l’excellence opérationnelle.
L’objectif du leader national dans l’industrie lourde a été d’accompagner son développement afin de travailler sur des problématiques identifiées en amont par le groupe.

Plus récemment, l’Office chérifien des phosphates (OCP) s’est engagé dans une chaire en partenariat avec l’EMINES (School of Industrial Management) de l’Université Mohammed VI avec pour objectif de traiter les problématiques relatives aux chaînes logistiques hybrides.

Pour Houcine Berbou, enseignant chercheur à l’Ecole nationale de gestion et de commerce (ENCG-Settat), «même si elles sont peu développées, les chaires permettent de créer un lieu de réflexion autour de l’innovation, où tous les acteurs peuvent se rencontrer et échanger. Les chaires, quelle que soit leur nature, permettent d’irriguer les formations initiales et continues de réflexions nouvelles et former ainsi des professionnels capables de répondre aux enjeux qui se poseront à terme».

Toujours en quête d’innovation, Lydec, distributeur d’eau et d’électricité de Casablanca, s’est engagé également depuis quelques années à financer des projets pour un montant d’un million de DH et à accorder une bourse aux doctorants sur une durée de trois ans. Elaboré avec l’Université Hassan II, ce partenariat vise à développer la recherche au sein de l’Université sur des thématiques liées à l’assainissement et la distribution d’eau et d’électricité.

Les projets portent aussi bien sur la mesure de l’impact de l’émissaire El Hank sur l’environnement marin et côtier que sur l’évaluation de la qualité organoleptique des eaux brutes ou l’élaboration d’un test de laboratoire permettant une mesure objective de la résistance des matériaux au gaz H2S.
Toujours est-il que la démarche, quelle que soit sa nature, reste bénéfique pour les deux partenaires.

Pour l’école ou l’université, les liens établis avec les entreprises sont nécessaires pour ajuster l’offre de formations et leur contenu aux compétences recherchées par les entreprises, même si les universités ont encore du mal à développer cette culture de proximité avec le monde professionnel. Elles gagnent aussi en visibilité en recrutant les meilleurs chercheurs de la place et également en capacité de financement.

Une démarche bénéfique pour les deux partenaires

Pour les entreprises, le gain attendu est de bénéficier des résultats de la recherche, de faire monter en compétences ses collaborateurs, de disposer de la proximité d’un vivier de diplômés et in fine développer la marque employeur.

Il faut noter également que la réussite de telles démarches dépend cependant du suivi. Souvent, de tels projets peinent à durer parce que le suivi n’est pas fait avec sérieux. De plus au niveau des universités, le nombre, parfois dérisoire des participants, ne permet pas d’assurer la continuité de telles formations. Pour autant, ce type de partenariat est appelé à se multiplier tant les entreprises, dont certaines d’entre elles ont directement ouvert leur propre Académie, se montrent décidées à réduire le déficit des ressources humaines compétentes auquel elles sont confrontées.

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