Disparités de salaires : Avis d’Achraf Dahbi, Responsable du conseil et des études au sein du cabinet Diorh

Certaines PME commencent à  être attentives
aux pratiques du marché pour attirer les talents

Dans nos enquêtes de rémunération, nous ciblons principalement les entreprises structurées en matière de gestion des ressources humaines, qu’elles soient grandes ou petites. De ce fait, nous écartons les entreprises qui ne sont pas transparentes ou qui ne disposent pas de politique de rémunération. Il est clair que les disparités des salaires entre les grandes entreprises et les PME existent de fait. Dans certaines filiales de multinationales, les salaires vont jusqu’à être alignés sur ceux de l’international pour attirer certains profils rares. Il faut ajouter également que les grandes entreprises préfèrent s’entourer de lauréats d’écoles d’ingénierie et de commerce étrangères, dont les salaires caracolent en tête du classement des meilleures rémunérations à l’embauche. Ainsi, les lauréats de ces écoles peuvent prétendre à 20 000 DH nets par mois. C’est la raison pour laquelle, à de rares exceptions près, les jeunes diplômés des universités issus de cursus assez généralistes ne font pas le poids face à ceux des grandes écoles de commerce ou d’ingénieurs.

Ceci dit, certaines PME commencent à être attentives aux pratiques du marché et n’hésitent pas à rémunérer les talents. Autre constat, la disparité dans les salaires peut exister au sein même d’une seule entreprise. Deux profils ayant le même poste et les mêmes compétences requises peuvent avoir un salaire différent pour des raisons quelconques au sein de l’entreprise.

Pour autant, l’écart va-t-il se creuser entre grandes entreprises et PME ? Je ne le pense pas, puisque les salaires se sont stabilisés depuis quelques années et les entreprises commencent à surveiller leur évolution et la vitesse de celle-ci. Même certaines filiales de multinationales veillent à ne pas trop gonfler leur masse salariale.
De leur côté, les PME doivent rester compétitives pour ne pas subir la loi du marché. Au-delà de la rémunération, elles peuvent être attractives sur d’autres leviers : climat de travail, avantages en nature, projets transversaux…
Les PME marocaines sont en phase de transition en termes de management, dans le sens où elles sont en train d’apprendre à appliquer les nouveaux principes du management moderne où le pouvoir n’est pas concentré chez une seule personne et où l’information est partagée.