Comment le groupe OCP a banni le tabac au sein de son siège social

L’entreprise a été précurseur en matière de lutte contre le tabac.
Création d’espace fumeur, sensibilisation, aide au sevrage : un dispositif non contraignant a été mis en place.
62% des agents interrogés souhaitaient l’interdiction du tabac dans les locaux de l’entreprise.

En matière de lutte contre le tabagisme dans les bureaux, le groupe Office chérifien des phosphates (OCP) a été précurseur puisqu’en 2006 il a été déclaré première entreprise nationale sans tabac. L’initiative entre dans le cadre du programme Usines sans tabac, lancé par l’Organisation mondiale de la santé (OMS) et soutenu par l’Organisation des Nations Unies (ONU).
Une enquête épidémiologique menée à la mi-2004 auprès de 1 320 agents avait permis de constater que la prévalence du tabagisme à l’OCP est proche de celle enregistrée au niveau national (30%). Autres faits marquants, les dépenses mensuelles moyennes s’élevaient à 407 DH par fumeur et que la durée moyenne consacrée par chaque fumeur pour consumer ses 9 cigarettes quotidiennes est de 45 mn. De même que 79% des fumeurs se disaient prêts à arrêter de fumer, 71% partageaient les locaux de travail avec des non-fumeurs. 17% des enquêtés ignoraient que le tabagisme passif augmente le risque de maladies pulmonaires et 28% ne savaient pas qu’il augmente le risque de maladies cardiaques.

Le siège reste non fumeur même après le redéploiement du  personnel sur les sites de production

Par ailleurs, 62% des agents interrogés souhaitaient l’interdiction du tabac dans les locaux de l’entreprise et l’aménagement d’espaces fumeurs et 76% des fumeurs avaient déclaré être prêts à modifier leur comportement si l’entreprise établissait une réglementation antitabac.
Suite à cela, une stratégie de prévention a été déployée avec l’engagement et la participation de la direction générale, la direction des ressources humaines et le service de médecine préventive. Ainsi, trois espaces fumeurs avaient été aménagés au sein du siège de l’office dans des endroits ouverts et aérés.
Profitant de cette occasion, et dans un élan de soutien aux agents fumeurs, le service de médecine préventive avait proposé à ceux qui le souhaitaient une assistance médicale et un accompagnement adapté durant la période de sevrage. Le but de cette action était d’aider ces personnes à arrêter de fumer sans risque de récidive. Une sorte de prévention non agressive.
Un effort avait été également consenti en matière de signalisation des espaces fumeurs et non-fumeurs. Des séances de sensibilisation dans les sites intégrant la population fumeurs avaient été organisées.
Après le redéploiement du personnel du siège sur les sites de production, il ne reste plus que 300 personnes environ au siège, mais le même dispositif reste maintenu.