Chômage des diplômés : Avis de Houcine Berbou, Consultant associé au sein du cabinet LMS ORH

Le taux d’augmentation moyen des salaires, tous secteurs confondus, n’a pas dépassé les 3%.

Sur le plan de l’emploi, le taux de chômage s’est hissé à 10% de la population active. Il a touché davantage les bac+3 et plus issus des établissements de formation universitaire à accès ouvert. Les profils qui étaient les plus en vue en 2014 sont les techniciens spécialisés dans les domaines de l’ingénierie du câblage, de l’aéronautique et de l’automobile. L’offshoring commence à s’essouffler. Pour les emplois d’encadrement, le marché est toujours preneur de profils commerciaux expérimentés et de financiers. Les banques et les assurances ont également beaucoup recruté en 2014 au regard de leur développement en Afrique. Dans la fonction publique, le recrutement reste modeste par rapport aux années antérieures à 2010.
Concernant la formation, on a remarqué une légère reprise de l’activité mais l’effort reste timoré. On est loin des 5% de la masse salariale globale cité comme budget moyen réservé à la formation dans les entreprises.

Le climat social reste fragile au regard de la dégradation du pouvoir d’achat des classes sociales les plus vulnérables. Même si le gouvernement a pris certaines décisions qui militent dans le sens de l’apaisement (augmentation du SMIG), l’effet de ciseaux provoqué par la décompensation annule l’effet de cette mesure. Par ailleurs, le climat social est difficile dans les entreprises qui sont contraintes de mettre en place des plans sociaux.

En revanche, l’année 2015 s’annonce sous de nouveaux auspices. Les entreprises ont un peu plus de visibilité car l’ensemble des indicateurs macroéconomiques se mettent au vert. Les différentes activités RH reprennent que ce soit dans le domaine du conseil, du recrutement ou de la formation.

Parmi les autres faits marquants, je peux citer notamment la continuation de l’effort de recrutement par les grands investisseurs comme Renault, le secteur bancaire, les assureurs et l’industrie de câblage, le reprofilage des compétences et le développement de la polyvalence des ressources humaines par les entreprises qui sont contraintes par des plans d’optimisation, le retour massif des diplômés marocains de l’étranger mais aussi de la présence plus marquée de citoyens français, espagnols, tunisiens et syriens sur le marché de l’emploi, et la réduction drastique des appels d’offres relatifs au marché des études, du conseil et de la formation dans les administrations et les établissements publics. On retiendra aussi la percée spectaculaire des entreprises marocaines en Afrique (BTP, banques, assurances, télecoms, chimie,..), le retour en force du groupe OCP avec la revalorisation qualitative des exportations en volume et en valeur ainsi que l’achèvement de l’opération OCP Skills.
Sur le plan des salaires, la donne n’a pas beaucoup changé par rapport à 2013. Le taux d’augmentation moyen, tous secteurs confondus, n’a pas dépassé les 3%. En revanche, cette moyenne cache une grande disparité selon la nature des emplois (management, encadrement et non cadres), le secteur (les banques ont été plus dynamiques), la région (avec TFZ, le nord devient plus attractive sur le plan des salaires), le métier (le commercial, la logistique, le pilotage de la performance, le génie civil sont parmi les mieux payés). L’année 2015 offre plus de visibilité pour les entreprises en termes de carnets de commandes, de politique d’investissement et donc de politique des RH. L’activité reprend doucement mais sûrement. La confiance s’est installée et le business se développe au-delà des marchés traditionnels.