CDD ou intérim : Trois questions à Patrick Cohen, DG de Crit Maroc

Patrick Cohen, DG de Crit Maroc : «Il est difficile d’apprécier en volume le marché du travail pour ces deux formules».

Patrick Cohen, DG de Crit Maroc


La Vie éco : CDD, intérim… les contrats à courte durée se multiplient davantage et pour cause les entreprises restent prudentes sur leur effectif. Quelle est la tendance du marché ?

n La flexibilité est un outil indispensable pour les entreprises qui vivent un contexte de forte variabilité et de visibilité réduite. Et il faut le dire, elles ne sont pas bien servies. Il n’y a toujours aucune évolution du Code du travail qui va bientôt avoir 15 ans !
Il est difficile d’apprécier, en volume, le marché du travail pour ces deux formules. Selon la nature des besoins des entreprises, la balance penche soit pour l’intérim, soit pour le CDD. L’avantage de l’intérim est évidemment que le salarié est géré par les prestataires.
Chez CRIT, nous offrons à nos clients une solution de flexisécurité totalement transparente qui offre beaucoup d’avantages aux entreprises et aux salariés.
Le choix des entreprises est limité par la législation du travail. La durée limitée des deux options oblige les entreprises soit d’être dans la légalité ou de prendre le risque de requalification en CDI.
Si on parle de durée, le code du travail avantage le CDD par rapport à l’intérim par la durée du contrat : un an pour le CDD avec la possibilité de renouveler le contrat une seule fois (mais il est rigide : quasiment impossible de rompre un CDD sauf pour faute grave).
Pour l’intérim, la période globale ne peut excéder six mois.
De ce fait, en termes de flexibilité, la durée d’intérim ne répond pas toujours aux besoins du marché. C’est pénalisant aussi bien pour l’entreprise cliente, la société d’intérim que l’intérimaire lui-même.
Pour le salarié, le contrat de travail intérimaire est plus intéressant en termes de poursuite de carrière. Celui ou celle qui est en fin de mission a plus de chance de retrouver rapidement, un emploi. Dans nos agences CRIT, nous priorisons nos collaborateurs par rapport à un(e) primo demandeur. L’agence qui le connaît et a pu apprécier ses compétences lui confiera une autre mission. Un salarié en fin de CDD doit repartir à la chasse à l’emploi une fois son contrat terminé.

Par secteurs, quels sont les plus gros pourvoyeurs ?
Pour 2018, la demande de nos clients émane à 63% de l’industrie, 25% des services et 12% du BTP.
Une évolution notable la demande des PME. Nous déléguons beaucoup de profils tertiaires & fonctions support, souvent dans le cadre de pré-embauche.

Les jeunes diplômés sont-ils concernés par des contrats CDD ou par de l’intérim ?
Assez peu pour un premier emploi, mis à part la formule de contrat pré-embauche qui fonctionne parfaitement et permet aux entreprises de mieux jauger les candidats et de les recruter à l’issue du contrat d’intérim.
C’est souvent le cas des structures qui progressent rapidement en effectif et n’ont pas forcément les services RH adaptés à cette montée en charge. Elles ont donc recours à nos services pour sélectionner les profils selon leurs critères particuliers.

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