Abdelahad Fassi-Fehri : «La formation est une obligation, même pour les élus qui ont un certain niveau d’éducation»

on ne doit pas se limiter à  la mise en place de la loi organique portant sur la décentralisation si on n’attaque pas le chantier des ressources humaines.

On ne peut plus parler de décentralisation et de régionalisation si on ne prend pas au sérieux le développement des compétences des élus locaux. En d’autres termes, on ne doit pas se limiter à la mise en place de la loi organique portant sur la décentralisation si on n’attaque pas le chantier des ressources humaines. On a le sentiment que ce chantier n’est toujours pas pris au sérieux, alors que sa mise en œuvre est indispensable. La raison est que face aux compétences toujours nombreuses confiées aux collectivités locales, les élus locaux n’ont d’autres choix que de renforcer leurs compétences. La formation est une obligation, même pour ceux qui ont un certain niveau d’éducation, a fortiori pour les autres.
Au sein de notre parti, nous avons la ferme conviction que la formation des élus contribue au développement des régions. A cet effet, nous avons mis en place un certain nombre de rencontres et de séminaires de sensibilisation sur tous les aspects qui touchent les collectivités locales, que ce soit au niveau régional ou provincial.

Un volet concerne tout ce qui est cadre juridique, urbanisme, protection environnementale, charte communale… L’idée est de comprendre et de faire comprendre comment fonctionne une commune. Difficile pour un élu de remplir correctement sa mission s’il a des insuffisances dans ces domaines.

Il ne faut pas nier qu’un président de commune est avant tout un ordonnateur qui doit être en mesure de formuler des projets, établir des budgets, comprendre les fondamentaux de la gestion communale, mais aussi d’interagir avec ses citoyens.
Un deuxième volet concerne les échanges d’expériences entre élus. C’est un élément fondamental. A titre d’exemple, la gestion de la ville de Tiznit basée sur le principe de démocratie participative a été une expérience enrichissante pour nos élus. Il a été fait en sorte que les projets de la ville répondent aux besoins exprimés par les citoyens de cette ville. La formation n’est pas uniquement académique, elle peut également se faire à travers le conseil.
D’autre part, nous recourons également aux fonds de soutien du ministère de l’intérieur pour organiser des séminaires de sensibilisation des femmes à la vie politique. C’est un axe de travail important pour que les femmes soient présentes dans les communes.

Je tiens à noter également que si les problèmes de compétences sont posés pour les élus, ils le sont également pour les services de l’Etat. Les collectivités locales ont avantage à ce que les organismes étatiques puissent être réactifs pour que les élus puissent faire leur travail correctement.