Enseignement : «Notre offre de formation touche plus de 300 métiers»

Ce sont les filières de formation dans les secteurs nouveaux et ceux concernés par les grands programmes nationaux qui enregistrent les taux d’affluence les plus élevés, en raison des perspectives d’emploi et d’insertion qu’ils offrent et de leur caractère novateur.

Larbi BencheikhQuelles sont les nouvelles filières qui ont été lancées récemment? Dans quels objectifs ont-elles été lancées? Répondent-elles aux besoins du marché de travail?

Il faut d’abord rappeler l’inscription volontariste et proactive de l’OFPPT dans la quasi-totalité des grands programmes gouvernementaux de développement économique et social, ce qui nous incite à diversifier notre offre de formation en créant de nouvelles filières, en réponse aux sollicitations des différents secteurs économiques.

Aujourd’hui, notre offre de formation touche plus de 300 métiers dans différents secteurs, réparti en 6 niveaux : Technicien spécialisé (bacheliers, licenciés ou stagiaires bénéficiant du système de passerelle), technicien (niveau bac), qualification (3e année du collège), et spécialisation (niveau de 6e année), en plus d’une large palette de formations qualifiantes et de 17 filières en Bac Pro mises en place à partir de cette année. Nous avons également lancé 13 autres filières dans le cadre du Programme national de certificat de compétences professionnelles (CCP) visant la qualification de 25000 licenciés chômeurs et l’amélioration de leur employabilité.

Quelles sont les filières qui connaissent plus de succès que d’autres?

Ce sont en réalité les filières de formation inhérentes aux secteurs liées aux grands chantiers structurants qui connaissent actuellement une forte influence, notamment l’aéronautique, l’automobile, l’agroalimentaire…, en raison des perspectives d’emploi et d’insertion qu’ils offrent et de leur caractère novateur.  Ce sont les filières de formation dans les secteurs nouveaux et ceux concernés par les grands programmes nationaux qui enregistrent les taux d’affluence les plus élevés, en raison des perspectives d’emploi et d’insertion qu’ils offrent et de leur caractère novateur. Il s’agit particulièrement des secteurs liées au Plan national d’accélération industrielle, particulièrement l’aéronautique, l’automobile, l’agroalimentaire, …ou encore les secteurs du transport et de la logistique, le tourisme,… En termes d’insertion, et selon les enquêtes annuelles d’insertion que nous commanditons auprès de cabinets spécialisés, le taux d’insertion de nos lauréats dépasse 75% dans 9 secteurs, particulièrement l’agroalimentaire, le transport & logistique, le génie climatique, le cuir, le BTP, la plasturgie…. 30 filières liées à ces secteurs enregistrent un taux d’insertion de 100%.

Où en êtes-vous dans le plan de développement 2020 ?

Permettez-moi d’abord de rappeler que le Plan de développement de l’OFPPT à l’horizon 2020, que j’ai eu l’insigne honneur de présenter devant S.M. le Roi à Tanger le 8 octobre 2015, ambitionne de renforcer la présence territoriale de notre dispositif, à travers la création de 120 établissements de formation (soit une moyenne de 24 établissements par an) et le développement de notre offre de formation pour atteindre une capacité d’accueil de 650000 places pédagogiques en 2019/2020 et assurer la qualification de 1 726 000 formés à l’horizon 2020. Ceci, sans oublier 1,5 million de salariés en formation continue et l’appui à la création de 6000 entreprises. Nous avons entamé cette année la 1ère phase de ce Plan de développement, avec une capacité pédagogique de 436000 places. Avec 501 000 places à la rentrée 2016/2017, nous en serons déjà à la 2e phase  Comme vous pouvez le constater, nous sommes déjà bien engagés à la mise en œuvre de ce Plan de développement. Mais nous œuvrons aussi à la conclusion d’un Contrat programme Etat/OFPPT afin de disposer des ressources et moyens pour l’atteinte des objectifs. La conclusion de ce Contrat programme et l’implication de nos partenaires seront autant d’atouts pour la réussite de ce nouveau challenge à portée nationale.

Vous avez créé en cette année l’école de formation aux métiers du bâtiment et des travaux publics. Quel type de formation offre cette école, pour quels métiers?

En effet, l’Ecole Mohammed VI de Formation dans les métiers du bâtiment et des travaux publics (EMFMBTP) a été inaugurée  par S.M. Mohammed VI le 27 janvier 2016. Elle a été mise en place en partenariat avec la Fédération nationale du bâtiment et travaux publics et constitue le premier Etablissement du genre en Afrique et dans le monde arabe à dispenser des formations dédiées aux travaux publics et à répondre aux besoins du secteur en ressources humaines qualifiées. D’une capacité globale de plus de 2000 places pédagogiques, l’école assure la formation dans 21 filières ouvertes sur différents niveaux et aux métiers du BTP et de la maintenance des engins lourds et industriels. Pour ce faire, l’école a été construite sur un terrain de 84 hectares à l’entrée de la ville de Settat, dont près de 20.000m² couverts, et est dotée d’un équipement qui offre les conditions réelles de chantiers : ateliers, équipements de pointe et de larges espaces pour l’exercice des travaux de terrassements, de voirie, de manipulation d’engins TP…. De plus, l’EMFMBTP abrite une «Académie gros engins et véhicules commerciaux (AGEVEC), fruit d’un partenariat public-privé : OFPPT, Fondation OCP, l’ONUDI, l’USAID et le Groupe Volvo.  Il s’agit d’un centre d’excellence, d’une capacité d’accueil de 150 stagiaires dont 30 stagiaires africains et dispose d’équipements, dernière génération, pour assurer des programmes de formation en phase avec les besoins des métiers de la maintenance des engins lourds et industriels. La 1ère promotion est actuellement en cours de formation. De plus, l’EMFMBTP comprend des espaces d’accueil, d’hébergement et de restauration des stagiaires dont la capacité du réfectoire et de l’internat est de 496 lits.

A côté de cela, vous comptez créer des offices régionaux dans le cadre de la régionalisation de l’OFPPT. A quoi cela va-t-il servir concrètement?

Effectivement, la régionalisation des structures de l’OFPPT se fera à travers la création d’offices régionaux qui seront dotés de larges prérogatives, pour mieux appréhender les besoins des opérateurs économiques et accompagner la dynamique de développement régional. Chaque office régional sera géré par un conseil d’administration régional avec l’implication d’institutions régionales, telles que le conseil de la région, l’académie régionale du MENFP, la CGEM régionale, le centre régional d’investissement, les collectivités locales, les ONG,….

Les missions au niveau central seront focalisées sur les domaines stratégiques : le pilotage, la planification, l’accompagnement, la régulation et l’évaluation.  En plus, cette approche régionale sera accompagnée par le renforcement  des structures de gouvernance locales, à travers la mise en place des comités de gestion d’établissements qui constituent des interfaces de dialogue et de concertation entre les établissements de formation et les acteurs économiques au niveau local.

Avec le lancement de nouvelles filières et tous ces objectifs que vous vous êtes assignés dans le cadre du plan de développement 2020, comment envisagez-vous de réussir à assurer une formation de qualité?

Conscient que la qualité de la formation constitue la clé de réussite de tout système de formation professionnelle, cette composante demeure au cœur de notre plan de développement à l’horizon 2020, et ce en capitalisant sur les acquis de la stratégie que nous avons adoptée dans ce domaine depuis 2002. L’objectif étant de mettre en adéquation notre action avec les impératifs du marché du travail et les exigences des différentes stratégies sectorielles et de favoriser ainsi l’employabilité et l’insertion de nos lauréats.

Plusieurs actions sont donc programmées à l’horizon de 2020. D’abord, en termes d’ingénierie de formation, nous comptons développer l’expertise nécessaire pour les nouveaux secteurs (nouveaux métiers de l’automobile, industrie pharmaceutique et le paramédical, environnement & énergies renouvelables, métiers de la ville,…) et adapter les filières existantes pour assurer une meilleure harmonie avec l’évolution des métiers.

Nous projetons ensuite la diversification des modes de formation, particulièrement la formation par alternance avec l’objectif d’atteindre 60% du dispositif global en 2020 contre 30% actuellement.

En matière de veille technologique et pédagogique, nous ambitionnons l’élargissement du réseau des 11 centres de développement de compétences (CDC) aux secteurs générateurs d’emploi, tels que le transport/logistique, l’agroalimentaire, le paramédical et biomédical, les énergies renouvelables, l’audiovisuel…, ainsi que la création de 10 centres de développement de compétences multisectoriels au niveau régional afin d’assurer plus de proximité et de réactivité aux exigences de l’environnement socioéconomique régional. Ces centres veilleront aussi sur la professionnalisation de nos formateurs, en leur assurant des stages annuels en entreprises et leur certification selon les normes internationales.

Pour renforcer cette démarche Qualité et lui assurer l’efficience nécessaire, l’OFPPT travaille en relation étroite avec les professionnels, en tant que partie prenante et agissante dans tout le processus de formation.