Taux de croissance 2004 : à  chacun ses prévisions

Le dernier point de conjoncture de l’Institut national d’analyse de la conjoncture (INAC), relevant du Haut commissariat au Plan, table sur une évolution du PIB qui pourrait dépasser 3,3 % en 2004.

Le dernier point de conjoncture de l’Institut national d’analyse de la conjoncture (INAC), relevant du Haut commissariat au Plan, table sur une évolution du PIB qui pourrait dépasser 3,3 % en 2004.
L’INAC fonde son estimation sur une campagne agricole meilleure qu’en 2003, une légère reprise du secteur minier (+ 0,7 point du PIB), un dynamisme des activités secondaires (+ 1,1 point), une amélioration du secteur tertiaire (+ 1,6 point), le maintien de la tendance haussière de la demande intérieure et une embellie de la conjoncture internationale qui devrait favoriser la demande étrangère adressée au Maroc.
Un argumentaire certes plausible, mais ceux avancés par le ministère des Finances et le Centre marocain de conjoncture (CMC) le sont tout autant. Le premier est plus pessimiste que l’INAC. Il prévoit une croissance de 3 %. Le second, lui, optimiste, mise sur une progression du PIB de 4 %.
Qui croire, tout le monde et personne à la fois. A chacun ses prévisions et aux citoyens de faire leur choix. Pour un novice, ça n’a l’air de rien ces «petites» différences entre les chiffres des uns et des autres. En réalité, ça représente beaucoup. Entre 3,3 % et 4 %, par exemple il y a tout de même un écart de 0,7 point. Rapporté au PIB marocain, cela fait, mine de rien, quelque 3 milliards de dirhams, soit l’équivalent de la contribution du secteur primaire à la croissance de l’économie.
En Europe ou aux Etats-Unis, un écart de cette importance est de nature à susciter, selon les cas, le plus grand optimisme s’il est à la hausse, ou la grande déprime s’il est à la baisse. Mais, c’est connu, comparaison n’est pas toujours raison. Tout dépend en fait de la base de calcul : si, au Maroc, 0,7 point du PIB représente quelque 3 milliards de dirhams (courants), aux Etats-Unis, cela équivaut à plus de 200 milliards de dirhams