Sauver la gauche à  tout prix

Le Parti socialiste unifié arrondit les angles.

Mise au pied du mur par les derniers résultats électoraux, la gauche semble enfin disposée à faire quelque chose pour atténuer les clivages, y compris à l’extrémité de son spectre. Désormais, le Parti socialiste unifié (PSU) se dit prêt pour une coopération poussée avec les autres formations de gauche, y compris celles au gouvernement. «Nous sommes disposés à discuter de toutes les possibilités de rapprochement organisationnel, jusqu’à la fédération», concède Mohamed Moujahid, secrétaire général du parti. Une telle structure serait mise en place à la suite d’une «discussion profonde» sur la situation politique du Maroc et la rédaction d’un programme politique commun.
Les implications de cette nouvelle position ne sont pas négligeables : à l’aube des années 2000, l’OADP de Bensaïd Aït Idder, ancêtre du PSU, avait gelé ses activités au sein de la Koutla pour cause de désaccord sur la participation de cette dernière au gouvernement d’Alternance et, depuis, le fossé s’était élargi.
Le revirement d’aujourd’hui est amplement justifié, selon M. Moujahid, qui explique que «nous vivons une situation nouvelle au Maroc : retour en force de l’Etat avec des partis de gauche faibles, sans poids, ni crédibilité, ni rayonnement. Face à cette crise profonde, nous ne voulons pas faire la sourde oreille. La première chose à faire est de comprendre la situation. C’est pour cela que nous venons en discuter, sans aucune condition». Face à ce geste, les réactions restent toutefois plutôt froides. «Il serait intéressant d’aller vers un grand parti de gauche, mais il faut pas mal de travail, sur soi-même surtout», indique, sceptique, Abdeslam El Aziz, secrétaire général du CNI. Dans la gauche gouvernementale, l’on se montre même sceptique. «C’est une belle déclaration, elle butera sur la réalité des divergences entre les partis», indique-t-on. C’est dire l’ampleur du mal…