Renault : l’Etat risque des pénalités

3 MDH par… jour de retard !

Comme son nom de code, la convention dite «Hercule», passée entre le groupe Renault-Nissan et le gouvernement marocain et portant sur la construction d’une usine d’assemblage automobile dans la nouvelle zone franche du port Tanger Med, n’est pas moins herculéenne dans ses conditions.
En effet, La Vie éco a appris, de source proche du dossier, que le constructeur français a exigé et obtenu l’insertion d’une clause de dédommagement par la partie marocaine au cas où les infrastructures hors site de ladite zone franche ne seraient pas livrées à temps, c’est-à-dire en 2010. Le montant des pénalités s’élève à 3 millions de DH par jour ! Une concession qui s’ajoute à beaucoup d’autres comme l’accès facilité à la ligne de chemin de fer, divers avantages fiscaux, une importante ristourne sur la facture énergétique.
C’est l’une des raisons pour lesquelles, aussitôt la convention signée en septembre 2007, les différentes parties prenantes entre offices, établissements et autres administrations publiques ainsi que l’Agence spéciale Tanger Méditerranée (TMSA), se sont attelées à une vitesse inhabituelle à ordonnancer les travaux d’aménagement, à commencer par les études techniques qui devraient durer plusieurs mois.
Le site devra être fin prêt en 2010 pour accueillir la méga-usine de Renault qui s’étendra sur une superficie de 300 hectares et nécessitera un investissement de un milliard d’euros (soit plus de 11 milliards de DH) à l’horizon 2015. Elle créera également 6 000 emplois directs et 30 000 emplois indirects, avec une capacité de production qui devrait atteindre, à terme, les 400 000 véhicules. Cela méritait bien quelques concessions !