Protection pour Altadis ?

la libéralisation du tabac retardée

L’engagement récent d’Altadis d’acheter les 20% du capital de la Régie des Tabacs encore détenus par l’Etat a certainement réjoui l’argentier du Royaume. Mais rien n’est gratuit. L’autre information sur laquelle le gouvernement s’est bien gardé de communiquer est qu’Altadis, parallèlement à son effort financier, a soumis au gouvernement une requête qui a tout l’air d’être une demande de surseoir à la libéralisation du secteur du tabac.

Ce dernier, rappelons-le, devrait être libéralisé en 2008. Altadis a demandé qu’à cette échéance soit mis en place un système d’homologation des prix au lieu d’une libéralisation totale. L’idée d’Altadis est que les opérateurs, avant de mettre leur produit sur le marché, fassent homologuer leurs prix par l’administration. «C’est une demande déguisée de protection», commente un membre du gouvernement.

Deux théories s’opposent. Au ministère des Finances, on est prêt à faire des concessions pour récompenser l’engagement financier du producteur de tabac. Au ministère des Affaires économiques et générales (MAEG), concerné en premier lieu par la réglementation des prix et de la concurrence, on s’indigne. «Nous avons été très coopératifs avec Altadis, toutes les demandes d’augmentations de prix ont été acceptées», commente un haut responsable. Quant à surseoir à la libéralisation du secteur, le ministère n’est apparemment pas prêt à franchir le pas.

La question sera, encore une fois, tranchée par arbitrage du premier ministre et les équipes de la direction des Prix préparent actuellement les éléments qui serviront à la prise de décision.
La tournure prise par les événements n’arrange pas, pour le moment, les affaires de la régie. Il y a quelques jours, elle a soumis une demande pour une augmentation du prix des cigares. Peu de chances que la réponse soit favorable

Aux Finances, on est prêt à des concessions pour récompenser l’engagement d’Altadis. Ira-t-on jusqu’à surseoir à la libéralisaion ?