Les ports de pêche oubliés par la réforme

La mission du nouveau patron de l’Agence nationale des ports (ANP) ne sera pas de tout repos. Les dossiers auxquels il devra s’attaquer sont nombreux à commencer par la normalisation de l’activité portuaire après l’entrée en vigueur de la nouvelle réforme. Mais, à ces dossiers, viendra s’en ajouter un autre, celui de la gestion des ports de pêche.

Depuis l’annonce du projet de création de la Sodep, l’Office national des pêches (ONP) n’a jamais caché son ambition d’intégrer les ports de pêche dans son giron. L’ONP cherchait ainsi à élargir son champ d’action dans un domaine prolongement naturel de son activité, qui se limite actuellement à la gestion des halles aux poissons. Une étude dans ce sens a été ficelée et présentée au Premier ministre. Pris entre deux feux, Driss Jettou, dans une correspondance écrite au directeur général de l’ONP, demandait à ce dernier, dans un premier temps, de prendre en charge le nettoyage des quais de débarquement de ces ports. La missive précisait bien qu’il s’agissait d’une solution transitoire avant d’aboutir à une solution définitive. Seulement les dernières discussions concernant la création de la Sodep ont pratiquement omis d’aborder cet aspect. A l’ANP, l’on indique toutefois qu’il s’agit d’un dossier d’actualité mais qui n’a pas encore été ouvert. «L’urgence pour nous est la manutention portuaire et le commerce international car la compétitivité de notre économie en dépend», confie à La Vie éco Jamal Benjelloun, directeur de l’ANP, qui rappelle que la loi qui a créé l’ex-Odep l’avait chargé, entre autres, de la gestion des ports de pêche.

La nouvelle loi portuaire offre toutefois plusieurs possibilités et la concession de cette activité n’est pas exclue. «On peut donner les ports de pêche en gestion à l’ONP, aux professionnels ou aux collectivités locales, à condition de respecter un cahier des charges. La porte reste ouverte à toute proposition», souligne M. Benjelloun.