Les pharmaciens en appellent au Roi

Après avoir manifesté leur mécontentement suite à l’adoption, en janvier 2006, du nouveau Code de la pharmacie, les syndicats des pharmaciens reviennent à la charge et demandent aujourd’hui l’arbitrage royal. Dans une lettre adressée début décembre au Souverain, ils dénoncent «l’inadéquation des dispositions du texte avec la réalité économique et sociale du pays». Le nouveau code ne tient pas compte, disent-ils, des revendications formulées par la profession, notamment en ce qui concerne la mise en place du numerus clausus (l’installation de pharmacies en fonction de la densité démographique), l’octroi du droit de substitution du médicament en cas d’indisponibilité de celui prescrit par le médecin traitant et, pour finir, l’interdiction de la vente des médicaments en dehors du circuit légal constitué essentiellement par les laboratoires, les grossistes et les officines (voir article p. 22). Les pharmaciens dénoncent, par la même occasion, les sanctions pénales et pécuniaires, jugées trop sévères, prévues par le texte en cas de détention de médicament périmé ou encore en cas de vente de médicaments sans ordonnance !

Dans la lettre adressée au Roi, les pharmaciens demandent de surseoir à l’application du Code de la pharmacie de manière à pouvoir «rediscuter les dispositions et tenir compte des revendications de la profession», qui connaît une grave crise.

Rappelons que le Code de la pharmacie, en gestation depuis une quinzaine d’années, a été finalement adopté en janvier 2006. Pour contester ce texte qui n’est pas du tout à leur goût, les pharmaciens ont observé plusieurs journées de grève durant les mois de février, mars et avril 2006 ainsi que des sit-in devant la wilaya de Casablanca. L’arbitrage royal est, selon leur propos, leur dernier recours.