Le PAM nettoie au Karcher

33 militants exclus pour manquements aux règles

Le fait est suffisamment rare pour être signalé. Constituée dans la foulée du premier Conseil national du PAM, la commission éthique du parti a profité de la seconde réunion de ce dernier, samedi 20 février à Bouznika, pour présenter son rapport. Conséquence de ses investigations : après Najib Reffouch (Marrakech), Ahmed Hilal (Meknès) ou Brahim Joumani (Rabat), le PAM vient d’exclure 33 personnes de ses rangs dont bon nombre d’élus. Le motif ? Les concernés ne se sont pas conformés aux directives du parti en matière d’alliances, ont été condamnés par la justice pour des délits de droit commun ou encore sont fortement suspectés d’avoir eu recours à l’argent ou à des réseaux «informels» au cours des élections communales, selon Khadija Rouissi, présidente de la commission éthique du parti.
«Le parti a créé des attentes en matière d’assainissement de la scène politique, il doit donc être cohérent avec lui-même, dans sa vie quotidienne. Il faut avoir du courage aussi pour annoncer ce genre de chose, dire qu’on s’est trompé», explique-t-elle avant de poursuivre : «Il existe dans les autres partis ce qu’on appelle des commissions de discipline, mais nous voulons aller au-delà et capitaliser dans le domaine de l’éthique au sein des partis politiques». Créée en pleine année électorale et alors que le parti était encore en train de mettre en place ses structures, la commission a toutefois encore du pain sur la planche : d’autres dossiers sont en cours de traitement, une attention particulière ayant été accordée aux élus du PAM ainsi qu’aux membres du parti soupçonnés de liens avec les milieux de la drogue, et un appel au débat a également été lancé sur le phénomène du nomadisme des élus. Reste que, au vu de l’important nombre de personnes ayant rejoint le parti depuis sa création et notamment à la veille des élections, il faudra beaucoup de temps pour faire respecter l’ensemble de ces principes.