Guerre des tranchées entre le wali et le maire de Fès

Loin de calmer les ardeurs des autorités de la ville de Fès, le Ramadan semble les avoir exacerbées. La tension entre le conseil de la ville et les autorités locales, notamment la wilaya, a monté d’un cran. Lors de la dernière session du conseil, tenue il y a quelques jours, les conseillers ont dénoncé publiquement «les dérapages» de la wilaya. Sur le terrain, ce sont les projets de la ville qui en ont le plus souffert. Contacté par La Vie éco, le maire de la ville, Hamid Chabbat, s’est dit étonné de découvrir des chantiers pour lesquels le conseil n’a jamais été consulté. «A ma connaissance, la nouvelle loi sur l’urbanisme qui concentre les pouvoirs entre les mains des walis n’est pas encore votée par le Parlement, explique-t-il, mais apparemment le wali, lui, veut déjà la mettre en application». Œil pour œil, dent pour dent. La mairie a réussi à stopper récemment la construction d’un poste de police (il faut le faire) qui était en cours sur la grande place dite Florence sise au centre-ville. «Ce sont mes attributions et la wilaya le sait», déclare-t-il.
Cela dit, M. Chabbat se dit prêt à tourner la page à condition que chacun reste dans les limites de ses attributions. Des réunions sont prévues dans les jours qui viennent entre la wilaya et la mairie pour tenter d’enterrer la hache de guerre. Le maire entend à cette occasion soumettre aux autorités un plan de développement quinquennal comportant plusieurs propositions comme celle d’un guichet unique pour les autorisations de construction.
Et au moment où Fès est en pleine crise, certains élus et notables de la ville n’ont rien trouvé de mieux que d’adresser une correspondance au maire, lui demandant de s’opposer à l’inhumation de feu Hicham Mandari dans la ville. N’y a-t-il donc pas plus important que cela ?