Engrais. Comment OCP tisse sa toile au Maroc et en Afrique

A l’occasion de la dixième édition de l’Argus Africa Fertilizer, qui se tient du 27 février au 1er mars à Marrakech, le groupe OCP a mis en avant sa recette pour le développement de l’agriculture en Afrique.

60% des terres non cultivées de la planète se trouvent en Afrique. Exploiter ce potentiel immense ne sera plus une option dans les années à venir, mais un impératif, du fait essentiellement du boom démographique que connait le continent africain. Une tache des plus ardues lorsque l’on sait que de nombreuses contraintes structurelles persistent. A commencer par le morcellement des terres agricoles, puisque 80% des exploitations sont d’une moyenne de deux hectares. Autre boulet : la faiblesse des rendements. Premier producteur d’engrais phosphatés, le groupe OCP se positionne à l’avant-scène des défis de la transformation de l’agriculture africaine.

La recette ? Au-delà de sa stratégie de développement commercial en Afrique (cf :Le groupe OCP met le paquet sur le marché africain), le groupe dirigé par Mostafa Terrab mène plusieurs programmes de proximité, visant directement les agriculteurs dans plusieurs pays.
Les plus emblématiques sont, d’après le groupe, « OCP School Lab » et « Agribooster. Dans le détail, OCP School Lab est une école itinérante proposant aux agriculteurs des formations de sensibilisation aux bonnes pratiques agricoles. « Chaque formation est adaptée aux cultures dominantes dans les régions visitées », explique-t-on chez OCP. Les sols des régions ciblées sont analysés systématiquement par un laboratoire mobile qui accompagne ces écoles. Celui-ci utilise les dernières technologies et permet un diagnostic de la fertilité des sols en temps réel. Pour sa part, « Agribooster » propose des produits et services en vue d’améliorer les rendements des agriculteurs de la fournitures d’intrants jusqu’à la mise en relation avec le marché. Au Maroc, OCP a mis en place depuis septembre 2018 un dispositif multi-services ciblant différentes filières agricoles.
« Il comprend des laboratoires itinérants d’analyse de sols déployés au niveau des différentes provinces du Royaume, une offre de formation visant à renforcer les capacités des agriculteurs, des femmes rurales, des coopératives et des jeunes leaders, une offre plateformes de démonstration servant de support à la formation et à la vulgarisation des meilleures pratiques agricoles et un dispositif d’accompagnement personnalisé porté par une équipe d’ingénieurs agronomes installés de manière permanente au niveau des provinces », peut-on lire dans un communiqué du groupe. Misant sur l’innovation digitale, l’Office a investi dans une pléthore d’outils, à savoir, des unités de production innovantes (Smart Blenders), des applications mobiles, un centre d’appel, des capteurs et des objets connectés.
Loin d’être uniquement une simple démarche RSE, la nouvelle recette déployée par le groupe ces dernières années dans le secteur agricole lui permettra de gagner du terrain sur le plan commercial.

Le gotha des engrais en conclave à Marrakech 

C’est à Marrakech, à l’occasion l’Argus Africa Fertilizer qui se déroule du 27 février au 1er mars, que l’entreprise publique a communiqué autour de sa recette dans le secteur agricole en Afrique. Une communication bien ciblée puisque l’événement – dont la première édition a été organisée au Maroc en 2010 – réunit 400 acteurs clés du secteur des engrais. Producteurs mondiaux, distributeurs régionaux, institutions financières, ONG… Toutes les parties prenantes sont de la partie. Avec au menu : conférences de haut niveau et exposition.

L’OCP en chiffres :

CA 2017: 48 milliards de DH
23000 collaborateurs
160 clients dans 5 continents