Derb Omar sous haute surveillance

opération «mains propres» dans la distribution

L’enquête menée par l’Autorité de la concurrence sur le secteur des huiles a révélé plusieurs défaillances. Outre l’aspect concurrentiel à  l’origine du déclenchement de l’opération, elle a aussi mis à  nu un système de distribution archaà¯que qui pénalise aussi bien l’industriel que le consommateur et l’Etat. Selon les estimations du département des affaires économiques et générales, les pertes annuelles pour le secteur des huiles sont estimées à  500 millions de DH. Une manne qui profite uniquement aux intermédiaires du secteur dont le nombre est estimé à  1 000. En fait, selon une source proche du dossier, une quarantaine d’entre eux imposent leur loi sur le marché. Et la majorité des intermédiaires soupçonnés est concentrée dans le quartier de Derb Omar, à  Casablanca, un des centres névralgiques de la distribution au Maroc et qui livre en produits divers les quatre coins du pays.

Pour tirer tout cela au clair, le ministère s’apprête à  lancer une enquête sur les circuits de distribution. Seront concernés en premier lieu ceux du poisson et des produits agroalimentaires. Pour le premier produit, le constat est sans complaisance : la consommation de poisson au Maroc, un des premiers producteurs mondiaux, est très faible. Les prix de vente au public sont jugés très chers pour les bourses moyennes. Le niveau de consommation de 8 kg par an et par habitant, contre une moyenne internationale de 14 kg, est assez révélateur. Pour les autres produits agroalimentaires, il y a lieu de rappeler les tensions répétitives sur les prix de plusieurs produits sensibles comme le sucre qui partent périodiquement à  la hausse sans que leur prix sortie usine varie.

Pour verrouiller le système, le ministre délégué a fait appel à  des juristes et des avocats d’affaires afin de prendre toutes les précautions nécessaires avant le lancement de l’opération «mains propres»