Aboubakr Jamaï quitte «Le Journal»… et le Maroc

L’information est tombée mercredi 17 janvier. Ce jour-là, Le Journal hebdomadaire annonçait dans un communiqué la tenue, le lendemain, d’une conférence de presse pour «porter à la connaissance de l’opinion publique les raisons de la démission d’Aboubakr Jamaï de son poste de directeur de la publication et de son départ de l’institution». «C’est la seule manière de préserver l’institution et permettre à ses employés de continuer de percevoir leurs salaires», explique Aboubakr Jamaï, joint au téléphone par La Vie éco.

Tout a commencé à l’issue du jugement rendu par la cour d’appel dans l’affaire opposant la publication au directeur du Centre européen de recherche et de conseil en matière stratégique, Claude Moniquet. Celui-ci, suite à la publication d’un article mettant en cause la crédibilité d’un rapport que le centre avait publié sur le dossier du Sahara, avait entamé des poursuites à l’encontre du directeur de la publication et du journaliste Fahd Iraqui. Les deux furent finalement condamnés à payer à Claude Moniquet la somme de 3 MDH.

En décembre dernier, l’huissier de justice s’est présenté pour l’exécution du jugement. «Si je ne paie pas, ils vont saisir les recettes du Journal ou encore le matériel et le mobilier et ils n’hésiteront pas à le faire comme cela a été le cas dans l’affaire Benaïssa», explique M. Jamaï. Pour lui, la décision est donc prise. Il cède son poste de directeur de publication à Ali Amar, il quitte l’institution et certainement même le Maroc. «Si je reste, je n’aurai pas de quoi vivre puisque mon salaire sera saisi», justifie-t-il. Quelle destination prendra-t-il ? Pour l’heure, Aboubakr Jamaï dit qu’il n’a pas encore fait son choix entre les Etats-Unis et l’Espagne.