Pourquoi le taux de chômage a baissé

Alors que le nombre d’emplois créés au premier trimestre 2019 figure parmi les plus faibles qui aient été constatés (+15 000 postes nets, en glissement annuel), le chômage, paradoxalement, a baissé à la fois en volume et en proportion de la population active : -61 000 chômeurs, ce qui ramène le taux de chômage à 10% au lieu de 10,5% un an auparavant, selon la note du HCP sur le marché du travail couvrant cette période de l’année.

Autre évolution inhabituelle : le sous-emploi a diminué là encore en volume (ou en effectif) et en termes relatifs, alors qu’en général il augmente lorsque le chômage baisse. Selon l’enquête du HCP, en effet, le nombre d’actifs occupés sous-employés a reculé de 42 000 personnes, ce qui situe le taux de sous-emploi à 9,6% au lieu de 10% au cours du même trimestre de 2018.

Tout semble indiquer que l’amélioration du niveau de chômage résulte plutôt de la sortie du marché du travail d’une partie des chômeurs, par découragement pour certains, éventuellement par choix pour d’autres. Cela explique que, malgré les 15000 emplois nets créés, la population active a baissé de 0,4% (-46 000 personnes), alors que, dans le même temps, la population en âge d’activité a, au contraire, augmenté de 1,7%. Il en découle que le taux d’activité a perdu presque 1 point entre les 1er trimestres 2019 et 2018, en s’établissant à 46,2% au lieu de 47,1%. De même, le taux d’emploi a reculé de 0,6 point passant de 42,2% à 41,6% en glissement annuel.

Cela fait presque une vingtaine d’années que ces deux indicateurs, le taux d’activité et le taux d’emploi, enregistrent des baisses de façon quasi continue, ce qui renseigne sur le niveau de participation au marché du travail et donc l’utilisation des ressources humaines disponibles.