Patronat, Mezouar et Bensalah

Huit mois après l’élection de Salaheddine Mezouar à la présidence de la CGEM, la tendance à le comparer avec Miriam Bensalah ne faiblit pas.

Il faut dire que Mme Bensalah a beaucoup apporté à la CGEM devenue un partenaire incontournable de l’Etat. Elle a été une vraie cheffe de syndicat. Ses sorties virulentes dans des forums et débats publics ont été remarquées, analysées, parfois fustigées, mais ne passaient jamais inaperçues. Elle fut une grande présidente de la CGEM, une dame de fer qui savait trancher quand il le fallait. Et au fur et à mesure que ses mandats avançaient, sa légitimité n’était plus sujette à débat. Ce n’était pas facile pour une femme, de surcroît première présidente dans l’histoire de la confédération.
Voilà donc ce qu’a apporté Miriam Bensalah. Et ce n’est pas exhaustif. Ambitieuse et très engagée, elle n’a pas fait ce job 8 heures par jour, mais elle aura été une présidente 24 h/24, jusqu’au dernier jour de son mandat.
Maintenant, que peut apporter Salaheddine Mezouar à l’organisation patronale qu’il préside ? La question se pose, vu que l’heure est enfin à l’action pour lui, les premiers mois de son mandat ayant davantage été le théâtre de combats internes, de bras de fer, de rixes à peine masquées dans les colonnes des journaux…, une page peut-être tournée si l’on se fie aux messages qu’il a tenu à faire passer lors d’un grand déballage avec la presse mercredi 23 janvier. Passer à autre chose. Montrer ce dont il est capable. Attirer plus l’attention sur ce qu’il fait. Il dit vouloir mettre en place des règles, changer les statuts, créer une CGEM internationale avec un président à plein temps, renforcer les antennes régionales, donner sa chance à une nouvelle élite, préparer l’avenir… Des chantiers dont personne ne pourra contester le bien-fondé sur le papier.
Mais une chose est sûre : le nouveau président du patronat, qui tient absolument à apposer sa marque et qui assume pleinement son style-et c’est son droit le plus absolu-, est bon gré mal gré obligé d’être dans la continuité du mandat Bensalah à bien des égards. Il doit endosser le rôle de chef du syndicat patronal. Pour cela, il n’a pas à prendre en considération les contraintes du gouvernement. Il est maintenant de l’autre côté. Salaheddine Mezouar se doit également d’être présent, plus visible. En outre, il est obligé de résister aux pouvoirs publics et défendre haut et fort l’entreprise, taper sur la table quand il le faudra, être inflexible quand les circonstances l’exigeront.
C’est sur ces défis que se joue la réussite de son mandat. Il en a la capacité. A lui d’agir.