Où faut-il poser le curseur ?

Le gouvernement avait déclaré, dès son arrivée, qu’il ferait une place de choix au social. On ne peut pas dire aujourd’hui qu’il s’y est complètement dérobé. Mais aux yeux des salariés, cela reste encore insuffisant.

C’est véritablement un dialogue de sourds qui s’est installé ces derniers temps entre le gouvernement et les syndicats. Les deux protagonistes se parlent mais ne s’entendent pas. L’Exécutif estime avoir fait le maximum de ce qui pouvait être fait pour améliorer les conditions de vie des salariés, et les syndicats trouvent l’offre gouvernementale insuffisante.
Qui peut dire, avec certitude, que l’une des parties a tout à fait raison, et l’autre tout à fait tort ? A quel endroit faut-il poser le curseur pour que l’équilibre advienne ?
Le gouvernement avait déclaré, dès son arrivée, qu’il ferait une place de choix au social. On ne peut pas dire aujourd’hui qu’il s’y est complètement dérobé. Qu’il s’agisse du soutien des prix, en particulier au moment où les cours des matières premières battaient tous les records, ou encore des nombreuses mesures introduites dans le Budget 2009, l’effort est indiscutablement conséquent. Est-ce suffisant ? Les syndicats, et les salariés en général, disent que non. Le monde du travail pense que le gouvernement dispose de marges de manœuvre tellement importantes (baisse des prix du pétrole, aisance financière certaine, notamment) qu’il aurait pu, qu’il aurait dû faire plus.
Mais replaçons les choses dans leur contexte : au moment où le gouvernement avait fait son offre – c’était en mai dernier -, rien ne laissait prévoir que la flambée des prix des produits de base allait connaître le retournement que l’on sait. On peut donc supposer que les données du moment avaient dû grandement peser dans l’offre qu’il avait faite. Maintenant que la bulle des prix a éclaté, que le Budget 2008, après celui de 2007, a été clôturé sur un excédent, n’y aurait-il pas moyen de faire un geste ?
Au fond, le geste significatif à faire serait de réduire au strict minimum l’écart abyssal qui sépare les hauts et les bas revenus. Et c’est valable dans le public comme dans le privé. A défaut, l’Etat a beau donner, les destinataires de cette manne n’en recevront qu’au prorata de ce qu’ils ont déjà ; c’est-à-dire beaucoup pour les uns, pas grand-chose pour les autres ! Et c’est ainsi que se nourrissent et se reproduisent les inégalités. La refonte du système de rémunération dans la Fonction publique, objet d’étude en ce moment, devrait être l’occasion de s’attaquer à cette problématique.