Moi, l’USFP !

Parce que l’on est l’USFP et que l’on s’est planté lors des élections, il faut que tout le monde
en paie le prix !

Dans un pays démocratique, ou du moins qui aspire à  l’être de plus en plus, il est du droit d’une formation politique de protester contre les conditions de formation du gouvernement, contre les ingérences dans la mission du Premier ministre ou encore contre le processus de désignation du président de la Chambre des représentants. La réaction est non seulement saine, mais, de plus, témoigne d’une vitalité nécessaire dans le champ politique, d’un souci pour le respect de l’équilibre des pouvoirs.

On peut cependant se demander quel principe éthique justifie que l’on se batte pour avoir plus de portefeuilles que l’on n’en mérite à  la lumière des élections, que l’on s’accroche à  la présidence du Parlement en se prévalant de son poids historique sans aucun respect pour celui de ses alliés et que l’on accepte un poste ministériel sans mission.

On peut s’interroger sur le principe éthique justifiant que l’on accepte de faire partie d’un gouvernement et que l’on vienne, après coup, affirmer qu’il y a eu de graves dysfonctionnements dans le processus de sa formation.

On peut s’interroger sur le principe éthique justifiant le fait que l’on soit dans le gouvernement tout en prenant ses distances avec lui, tout en ne lui apportant qu’un soutien critique.
On peut, enfin, se demander pourquoi l’USFP n’est pas passée à  l’opposition.

Si l’USFP était passée à  l’opposition, il n’y aurait pas eu de retard dans la formation du gouvernement. Koutla oblige, le parti était le premier à  recevoir les propositions de Abbas El Fassi et a exercé un chantage à  peine masqué pour recevoir plus que ne l’y autorisait sa position aux élections.
Si l’USFP était passée à  l’opposition, il n’y aurait pas eu de remous concernant la présidence de la Chambre des représentants. La démarche démocratique, que réclame justement le parti socialiste, aurait été respectée. Le Mouvement populaire aurait légitimement hérité du poste, il ne serait pas passé à  l’opposition et la majorité en serait sortie renforcée.

Si l’USFP était passée à  l’opposition, elle n’en serait pas arrivée à  ce que son bureau politique aille jusqu’à  renier ses alliés, juste pour amadouer le conseil national.

Enfin, si l’USFP était passée à  l’opposition, on ne vivrait pas la situation ridicule d’un gouvernement fragilisé par l’une de ses principales composantes avant même d’avoir annoncé son programme. En somme, parce que l’on est l’USFP et que l’on s’est planté lors des élections, il faut que tout le monde en paie le prix !