Les termes de l’équation

Quand on a, comme en 2006, une facture énergétique de 44 milliards de DH et, en face, des déficits sociaux énormes à  résorber, il y a des choix qui s’imposent : l’économie d’énergie est aujourd’hui une nécessité.

Longtemps, les préoccupations énergétiques ont été réduites au seul souci de répondre par une politique de l’offre aux exigences de la demande. Avec les niveaux atteints par les prix des combustibles, dans un contexte de dépendance quasi totale de l’extérieur, la marge de manœuvre qui consiste à agir sur l’offre pour satisfaire une demande sans cesse en augmentation, faiblit dangereusement. Moyennant quoi, il est plus qu’urgent d’inverser les termes de cette équation : la variable d’ajustement devrait être désormais la demande, ou plus exactement la gestion de la demande.

C’est au minimum un non-sens économique que de ne pas tirer profit des immenses gisements d’économie d’énergie, rendue aujourd’hui possible par les développements à la fois des technologies et du savoir-faire. Les pouvoirs publics, dans leur nouveau rôle de facilitateur et de régulateur de l’activité économique, gagneraient à promouvoir cette démarche en mettant en place des mécanismes d’incitation, qu’ils soient fiscaux, réglementaires ou autres. L’Europe, pourtant mieux lotie que le Maroc en ce domaine, a fait de l’efficacité énergétique une des méthodes- clés pour relever le défi de la hausse des prix des combustibles. Les directives qu’elle a édictées dans les domaines du bâtiment et de la cogénération, pour ne citer que cela, vont dans ce sens.

C’est que, désormais, la preuve est faite qu’un investissement dans la maîtrise de l’énergie est nettement plus rentable, pour toute la collectivité, qu’un investissement dans une centrale électrique, par exemple. Un kWh économisé est non seulement un gain pour le consommateur, mais aussi un investissement évité (voir détail en page 48). Des études menées par l’Union européenne ont même estimé qu’un million de dollars investis dans l’efficacité énergétique crée entre 12 à 16 années de travail direct, contre 4,1 années de travail pour le même investissement dans une centrale à charbon. Ne parlons pas de l’impact positif sur l’environnement, cette exigence n’est pas encore entrée dans les mœurs, mais ça viendra !

Quand on a, comme en 2006, une facture énergétique de 44 milliards de DH et, en face, des déficits sociaux énormes à résorber, il y a des choix qui s’imposent.