Les ponts se suivent…

Chaque jour férié signifie des centaines de millions de dirhams
en moins, en termes de création de richesse.
Il y a trop de jours fériés.

La semaine qui commence le 24 novembre sera encore placée sous le signe de l’inactivité. Aïd Al Fitr oblige, avec deux jours fériés en milieu de semaine, il y a fort à parier que seuls travailleront ce lundi-là ceux qui ne peuvent faire autrement. Les autres feront le pont.
Encore un ! Il viendra s’ajouter à ceux de février, mai, août et à celui, plus récent, des jeudi 6 et vendredi 7 novembre.
16 jours fériés au Maroc ! Au Canada, il y en a 8 seulement. En France, il y en a 13 et, récemment, on a décidé d’en supprimer un pour faire bénéficier les caisses de retraites d’un jour de cotisation supplémentaire. Une mesure destinée à pallier, partiellement, leur effondrement, prévu dans 20 ans ou plus. Chez nous, non seulement les jours fériés sont plus nombreux, mais de plus, le système de retraite est menacé d’écroulement d’ici à 10 ans, au plus.
Au Maroc, le premier janvier, jour de l’An chrétien est férié. Le premier Moharram, jour de l’An musulman ne l’est pas moins. Et comme le calendrier lunaire est imprévisible, ce jour-là se promène tranquillement dans la semaine, créant un pont par-ci ou une cassure de semaine par-là. Pourquoi pas le premier jour de l’An juif, nous sommes bien un pays tolérant, non ?
Autre exemple, le 18 novembre, le Maroc fête son indépendance. Tous les pays prennent une journée fériée à l’occasion. Mais alors pourquoi le 11 janvier, jour du Manifeste de l’indépendance, serait-il férié ?
Et puis, en quoi la commémoration de la récupération de Oued Dahhab serait-elle prétexte à ne pas travailler ? Bien au contraire, la commémoration d’un événement doit être l’occasion de redoubler d’ardeur.
Pour beaucoup, la logique voudrait que ces jours fériés entretiennent la mémoire nationale autour des événement qui ont marqué le pays. Un argument qui ne tient pas la route.
En ce début de millénaire, le Maroc a d’autres défis : régler définitivement le problème du Sahara, éradiquer l’analphabétisme, réaliser un taux de croissance du PIB supérieur à 6%, remporter l’organisation de la Coupe du monde 2010, attirer ces fameux 10 millions de touristes …Va-t-on créer un jour férié chaque fois que l’on aura concrétisé un de ces objectifs ? Après tout, au vu du contexte actuel, ce seront des réalisations majeures. A ce rythme-là, nous aurons bientôt un mois de vacances en plus. Et encore, heureusement qu’on n’en est pas aux 35 heures. Sinon, adieu le travail.
On pourrait à la limite faire exception pour deux fêtes religieuses et quelques grandes fêtes nationales, sans plus. Avec cela, on gagnerait facilement 7 jours, soit plus d’une semaine d’activité.