La preuve qu’on peut

Le Maroc a besoin de gens qui travaillent pour arriver à un résultat
et d’un Etat qui se défasse de ses vieux réflexes.

Que retenir de l’année 2003 ? Il y a eu tellement d’évènements que la seule liste des plus marquants prendrait la place de cet édito. En revanche, à la lumière de certains d’entre eux, on peut tirer deux enseignements de taille.
Le premier est que les problèmes entravant le développement du Maroc ne sont, en majorité, que la résultante de notre incapacité à trancher et à être pragmatiques. Exemples frappants :
– Le Code du travail a fait l’objet d’interminables tractations au cours des cinq dernières années. Il a suffi d’un peu de bonne volonté pour que ce serpent de mer disparaisse en un an seulement. Pourtant, la version retenue ne diffère pas de façon significative de la mouture qui existait déjà il y a deux ans.
– La réforme de la moudawana a pris plus de trois ans et a failli ne pas avoir lieu, les divergences étant trop profondes. Il a fallu que le Souverain fasse un rappel à l’ordre pour que modernistes et conservateurs accordent leurs violons.
– Les entreprises publiques comme la Sodea, la Sogeta et la BNDE ont englouti des milliards de dirhams sans que l’on ait le courage politique de stopper l’hémorragie. En quelques mois seulement, le dossier a été clos. Pourtant les solutions trouvées ne diffèrent pas, là encore, des scénarios imaginés il y a quelques années. Mais cette fois-ci, un gouvernement s’est donné la peine de les affiner et à osé mettre la main à la pâte.
Le second enseignement à tirer de cette année 2003, qui décidément n’a pas été comme les autres, est que les Marocains sont devenus exigeants envers un Etat désormais tenu à davantage de rigueur. Cas révélateurs :
– L’achat de véhicules de fonction pour les ministres était bel et bien programmé (sauf qu’il s’agissait de berlines de moindre importance) mais, devant la réaction de l’opinion publique, le gouvernement a dû faire marche arrière.
– L’emprisonnement de 14 musiciens sous le prétexte fallacieux de satanisme a bien failli aboutir à des condamnations, mais la levée de boucliers de la société civile a fait reculer la justice.
En conclusion, le Maroc a besoin de gens qui travaillent pour concrétiser les projets. Il a aussi besoin que l’Etat se défasse de ses vieux réflexes.
Que dire de plus ? Une pensée pour les victimes du 16 mai qui auraient été heureuses de voir que le Maroc peut changer… s’il le veut.
Bonne année 2004 !