Koune sbaࢅ

Il ne suffit pas d’être vertueux pour entrer
au paradis du pouvoir, encore faut-il travailler, apporter
sa pierre à  l’édifice de la collectivité, avoir le courage de changer les choses tout
en collant à  la réalité
du pays.

Il est de bon ton, en ces temps de fièvre préélectorale o๠tous les coups sont permis – et alors que l’on ne sait toujours pas quand les législatives auront lieu – de pousser une petite gueulante sur le dos du gouvernement ou de l’Etat, histoire de se chauffer les cordes vocales et de tester son aptitude à  décrocher un prix au concours de la démagogie politicienne. Florilège de déclarations prononcées par des responsables de partis : «Rien ne va plus au Maroc», «Comment se fait-il que le coût de la vie augmente, la pauvreté diminue alors que les salaires restent figés ?», «Le gouvernement n’a aucune vision»…

Bien entendu, ces phrases à  l’emporte-pièce que l’on truffe de chiffres sur le déficit, l’inflation, le prix du carburant ou encore le manque de responsabilité de l’Etat qui vend de l’alcool sans mettre en place des alcotests, pourraient être démontées par une simple discussion. Elles sonnent malheureusement vrai aux oreilles d’une population d’un niveau intellectuel bas.

Voilà  donc le cheval de bataille de certains partis de l’opposition : dénigrer ce que font les autres sans apporter des solutions. Pourquoi donc ces chantres du négationnisme ne viennent-ils pas proposer leurs recettes sur le meilleur moyen de réduire le chômage, la meilleure équation pour acheter moins cher le gasoil tout en mettant de côté des sous pour payer les fonctionnaires à  temps et construire des routes ? Pourquoi ne pas essayer de plancher sur le schéma idéal pour éviter les gaspillages de fin d’année au sein des administrations, ou encore transformer une partie des salaires des parlementaires en avantages (assistants, moyens informatiques…) pour leur permettre d’avoir un meilleur rendement ? Il est très facile de tirer sur les pilotes quand on n’est pas aux commandes, quand on n’a pas à  gérer les requêtes des entreprises, celles des salariés et les aléas de la mondialisation. O๠sont donc les programmes, les idées et les prises de position sur les grands sujets de l’heure. Il ne suffit pas d’être vertueux pour entrer au paradis du pouvoir, encore faut-il travailler, apporter sa pierre à  l’édifice de la collectivité, avoir le courage de changer les choses tout en collant à  la réalité du pays, avoir l’honnêteté de reconnaà®tre les réalisations positives de ses rivaux. Jusqu’à  présent, nous n’avons rien vu de tout cela, ce n’est que vociférations et lamentations. Koune sbaâ…
Fadel Agoumi