Impôts vs compétitivité

Le Maroc est obligé de suivre la tendance mondiale s’il veut figurer dans le très select club des pays attractifs pour les investissements, autrement dit pour les capitaux dont la mobilité est dirigée par un seul et unique facteur : la compétitivité, y compris au niveau fiscal.

La baisse des taux d’imposition sur le revenu et sur les sociétés est une tendance mondiale. Certains pays comme les États-Unis sous l’ère Trump l’ont fait d’une manière spectaculaire en baissant l’IS de 35 à 21%, contre une moyenne mondiale aux alentours de 25%. D’autres économies tâtonnent encore à ce propos mais ne pourront y déroger. Et le Maroc ne fait pas exception. Il sera obligé de suivre ce mouvement s’il veut figurer dans le très select club des pays attractifs pour les investissements, autrement dit pour les capitaux dont la mobilité est dirigée par un seul et unique facteur : la compétitivité, y compris au niveau fiscal.

Le Maroc est handicapé depuis de longues années par l’étroitesse de son assiette fiscale. Pour ne pas perdre en recettes d’impôts (première source du budget), le seul moyen est d’élargir cette assiette comme première étape de sa réforme fiscale. Dit comme ça, le schéma peut sembler simple. Mais ce serait oublier qu’en matière de fiscalité, une problématique de taille existe: comment inciter à la conformité des contribuables récalcitrants, qui représentent des pans entiers de la population active. Les deals conclus avec certaines professions libérales permettront au fisc d’améliorer nettement les recettes de l’IR professionnel qui lui est déclaratif. En jouant la carte de la déclaration rectificative, et en retenant des forfaits assez faibles dans certains cas, il a de la visibilité sur ce que paieront ces contribuables durant les années à venir. Il en sort gagnant sur le moyen et long terme.
L’élargissement de l’assiette fiscale n’est qu’un aspect parmi tant d’autres qui forment la structure fiscale d’un pays. Les très attendues troisièmes assises nationales sur la fiscalité qui auront lieu les 3 et 4 mai 2019 devront mettre en lumière tout cet arsenal. A quelques mois de leur tenue, elles ambitionnent de définir les contours d’un système fiscal plus performant, compétitif, équitable et transparent. C’est en tout cas la promesse du binôme Benchaâboune-Faraj.