fine lmanda ?

2 janvier 2008, l’Etat recrute
1 100 diplômés chômeurs. Ouf, ils sont sauvés !
27 janvier 2009, les nouvelles recrues n’ont toujours pas été payées.

L’anecdote prêterait à rire, s’il ne s’était agi de centaines de familles qui survivent en ne sachant pas si demain elles auront de quoi manger à leur faim.
2 janvier 2008, le gouvernement El Fassi, qui n’a eu de cesse d’affirmer son souci pour les questions sociales, ouvre la porte du recrutement à 1 100 diplômés chômeurs et ne se prive pas de communiquer sur l’opération. Quand on sait que la plupart de ces derniers sont des pères ou mères de famille et qu’ils iront rejoindre l’effectif des enseignants de l’Education nationale, fortement impacté par l’opération des départs volontaires, on ne peut que se réjouir que l’utile soit joint à l’agréable.
27 janvier 2009, «les diplômés chômeurs envers qui l’Etat a bien voulu faire un geste en les recrutant» et dont certaines ont été envoyés en région, à des centaines de kilomètres de leurs foyers, ne sont toujours pas payés : ils attendent le fameux rappel de leurs salaires. Triste, non ? Paraît-il c’est comme ça et ce depuis toujours.
Ainsi, en dépit d’une évolution notable, en termes d’efficacité administrative, de recouvrement des impôts et de services aux citoyens, l’administration n’arrive toujours pas à payer à temps ses nouveaux agents, qui démarrent leur carrière à crédit, avec tout le risque de surendettement que cela implique par la suite. Certes, dans le cas de recrutement normal, par concours, la régularisation des émoluments prend moins de temps, en moyenne trois mois, affirme-t-on, mais trois mois c’est deux mois de trop et c’est surtout en flagrante contradiction avec le Code du travail qui stipule que les salaires doivent être versés à la fin de chaque mois.
Les causes de ces dérapages sont nombreuses, elles vont de signatures de responsables qui tardent, au papier qui n’a pas été fourni ou légalisé parce que la recrue n’était pas au courant, en passant par une lenteur de communication entre le département concerné et celui des Finances. Un exemple tout bête : on demande à un enseignant de rejoindre son poste immédiatement, sans que personne ne lui précise la liste exacte des documents à fournir. Ce n’est qu’une fois en poste, dans un coin reculé du pays, qu’on lui demande de s’activer s’il veut être payé. Il devra attendre la période des congés… Où sont parties les bonnes résolutions de la réforme de 1993 ? Qui respecte les milliers de procédures mises en place en 1999 et dont chaque ministère a reçu copie ?
22 janvier 2010. Nous serons désolés de vous resservir le même édito. Le problème n’aura pas été réglé entre-temps.