Casanegra

Les Casablancais ne voient dans leur ville que désordre, chantiers ouverts indéfiniment, incivisme et laxisme des autorités.

Casablanca souffre et elle le montre. L’anarchie est en passe d’être inscrite dans son ADN. Ses rues sont de plus en plus sales, ses chaussées cabossées, ses trottoirs abîmés, ses passages piétons pris en otage par les marchands ambulants quand ce ne sont pas les motos qui y organisent des courses, ses espaces verts se réduisent comme peau de chagrin, ses arbres arrachés et remplacés par des palmiers déjà morts, ses carrefours squattés par les mendiants et autres vendeurs à la sauvette… Le spectacle est désolant et les Casablancais ne voient dans leur ville que désordre, chantiers ouverts indéfiniment, incivisme et laxisme des autorités quant au respect de certaines lois visant à faciliter le vivre-ensemble. Certes, ces maux ne datent pas d’aujourd’hui, certains comme les embouteillages, la pollution… sont généralement la face la moins reluisante, mais néanmoins commune à toutes les métropoles, mais d’autres problèmes sont imputables à la négligence et au manque d’expertise des responsables en charge de la chose locale. Comment expliquer par exemple que les contrats pour la gestion déléguée du nettoiement ont été modifiés plusieurs fois, les derniers changements y ont été apportés il y a quelques jours, sans que la ville ne puisse se défaire de ses déchets. Ces derniers débordent souvent des bennes et finissent à même le sol, parfois toute la journée avant le passage du camion ? Comment expliquer que des routes à peine goudronnées se dégradent ou qu’un carrelage de trottoir à peine posé soit enlevé pour être remplacé par du bitume ? La raison de tous ces errements est que les citoyens sont ignorés. Leurs réclamations et coups de gueule ne trouvent aucun écho auprès des élus. Ces derniers, parfois interpellés à ce propos lors des sessions du conseil de la ville, n’y apportent aucune réponse concrète si ce n’est un hochement de tête que l’on ne saurait déchiffrer.