A repenser

La fonction publique n’attire plus les profils pointus qui préfèrent évoluer dans le privé parce qu’il offre de meilleures possibilités d’évolution, indépendamment de l’ancienneté et du diktat des échelles et autres critères de distinction.

La fonction publique a depuis toujours essuyé les pires critiques au Maroc. A l’unanimité, on déplore sa mauvaise qualité de service, les retards répétitifs et non justifiés dans lesquels elle excelle, l’opacité dans le traitement des requêtes qui lui sont soumises, la corruption dont elle n’arrive pas à se défaire…, mais également -et c’est un élément crucial- le manque de qualification, d’efficacité et d’implication de ses ressources humaines.

Il y a quelques années, pour pallier tous ces dysfonctionnements et bien d’autres encore, un chantier de réforme a été initié. Sans toutefois aller à l’essentiel. La fonction publique a été dépouillée de ses compétences à la suite de l’opération de départ volontaire lancée sous Mohamed Boussaid, alors ministre de la modernisation de l’administration publique, sous prétexte d’alléger les dépenses publiques. L’horaire continu a été adopté pour optimiser le rendement, créant plus de désagréments qu’il n’a apporté d’avantages. Bref, le fameux «changement de paradigme» n’a pas eu lieu. La mission de service public qui est la raison même d’être de l’administration n’est pas bien assimilée par ceux qui en ont la charge. Sont-ils fautifs à 100% ? Eux qui évoluent dans un système sclérosé pour reprendre les termes de Mohamed Benabdelkader, ministre de la fonction publique. A commencer par l’image que renvoie aujourd’hui la fonction publique. Le prestige que pouvait procurer le travail dans le public n’est plus qu’un vague souvenir. Le constat est qu’il n’attire plus. En tout cas pas grand monde. Pas les profils pointus qui préfèrent évoluer dans le privé parce qu’il paie mieux et offre de meilleures possibilités d’évolution, indépendamment de l’ancienneté et du diktat des échelles et autres critères de distinction.

Le salaire net moyen dans l’administration publique a certes augmenté d’un tiers entre 2008 et 2018, passant de 5650 DH à 7549 DH. Mais dans sa globalité, la politique RH publique n’est ni équitable ni valorisante. Elle ne met pas en place les outils pour capter les meilleurs profils, les valoriser, les fidéliser et tirer l’ensemble des ressources humaines vers le haut.

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