Wincor Nixdorf fait réfléchir les banques sur la digitalisation

Concurrence des FinTechs, disparition du cash, fermetures d’agences…, les banques ont partagé leurs solutions à l’occasion de l’IMS de Wincor Nixdorf. Le secteur bancaire marocain, même s’il n’est pas encore concerné par ces phénomènes, doit innover davantage.

Crise ou pas crise, le monde de la banque est en plein bouleversement depuis plusieurs années. Secouées par l’apparition de celles que l’on a depuis baptisées les FinTechs (Paypal, Apple Pay et des moins connues telles que Leetchi et SlimPay) mais aussi par la volonté de certaines autorités nationales et supranationales de limiter la circulation du cash, les banques se défendent en digitalisant davantage leurs services, en acquérant des FinTechs prometteuses, en s’implantant dans des commerces de proximité ou en fermant, tout simplement, des agences bancaires. Toutes ces questions, et bien d’autres, qui monopolisent l’attention des banquiers du monde entier ont été abordées à l’occasion de l’édition 2016 du traditionnel International Management Seminar organisé par Wincor Nixdorf à Madrid début juin. Réunis autour des cadres exécutifs de la firme allemande, de hauts cadres de banques venus des Etats-Unis (JPMorgan Chase), d’Italie (Deutsche Bank), d’Espagne (Banco Santander et BBVA), de Singapour (DBS Bank), de France (Crédit Agricole Rhône-Alpes), du Danemark (Nordea) mais aussi du Maroc, représenté par Brahim Benjelloun Touimi, DG exécutif de BMCE Bank of Africa (BBOA) ont partagé leurs stratégies pour faire face à la digitalisation. Ce dernier a d’ailleurs fait sensation en prenant le parti de présenter l’African Entrepreneurship Award qui soutient des petits entrepreneurs innovants sur le continent.

Les distributeurs automatiques de billets marocains n’ont guère évolué

De son côté, Wincor Nixdorf n’échappe pas au changement. La firme a en effet accepté, en mars dernier, l’offre publique d’achat lancée par son concurrent américain Diebold en novembre 2015. Ensemble, elles formeront un géant mondial du secteur, avec un chiffre d’affaires combiné d’environ 5,2 milliards de dollars. Le coût des synergies est quant à lui estimé à 160 millions de dollars sur 3 ans. 4 pays (Colombie, Pologne, Brésil et Royaume-Uni) doivent encore approuver l’opération.

En découvrant les solutions mises en place au-delà de nos frontières, telles que le recyclage des espèces ou encore le retrait d’espèces par Smartphone avec le dernier-né de Wincor Nixdorf, le Cineo 2020, on se dit que le Maroc est bien en retard. S’il n’y avait pas eu le paiement de factures, les distributeurs automatiques de billets n’auraient guère évolué cette dernière décennie. Bien sûr, les clients des banques ne sont pas prêts à tout utiliser, loin s’en faut, et la réglementation doit suivre. Mais il est temps que les banques marocaines fassent bon usage des nouvelles technologies. Trop peu de banques de la place disposent ne serait-ce qu’une application Smartphone et un site internet de bonne facture.