Banque : les analystes de CFG tablent sur une stabilité des résultats en 2016
28 juin 2016
Loubna Chihab (268 articles)
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Banque : les analystes de CFG tablent sur une stabilité des résultats en 2016

La contribution des filiales africaines devrait augmenter sur les années à venir. En 2016, les dépôts devraient croître de 5,4% et les crédits de 2%. Le coefficient d’emploi s’établirait à 92,1%, son niveau le plus bas depuis 2007.

Le secteur bancaire devrait boucler l’année sur des tendances globalement similaires à celles de 2015, selon les analystes de CFG. Plusieurs éléments renforcent ce constat ; à savoir l’évolution du secteur dans un contexte économique atone, marqué par une faible croissance économique (estimée à 1%, à fin 2016, selon les prévisions de la Banque centrale), et par la poursuite de l’amélioration des finances publiques et des échanges extérieurs.

En 2015, le secteur a clôturé l’exercice sur une note positive. Le produit net bancaire s’est bonifié de 0,9, à plus de 53 milliards de DH, et ce, malgré la baisse du résultat des activités de marché qui a largement été compensée par la progression de la contribution des filiales africaines et par la hausse de la marge d’intérêt favorisé par la baisse du coût des ressources au Maroc. Pour sa part, le résultat net part du groupe du secteur a réalisé une croissance de 5,1% à 10 milliards de DH. Il est porté par l’ensemble des banques à l’exception de Crédit du Maroc dont le résultat a fortement été impacté par la hausse du coût du risque et l’incidence du dénouement du contrôle fiscal dont il a fait l’objet.

Faible croissance des crédits à l’équipement

Pour 2016, les analystes de CFG tablent sur une croissance de 2% des encours de crédits. Cette évolution tient compte d’une stabilité des crédits de trésorerie à 172 milliards de DH contre une baisse de 4,7% en 2015, et d’une faible croissance des crédits à l’équipement de 1%, suite à une décélération du rythme de l’investissement. La remontée des encours de crédit découlera principalement d’une hausse des crédits à la consommation de 4% et des crédits immobiliers à 2,8%, grâce à la bonification du  crédit à l’habitat (+6%), et ce, malgré une légère baisse des crédits aux promoteurs (-2%). Pour leur part, les créances en souffrance devraient croître de 7%. Le taux de CES s’établirait alors à 7,57%.

Dans le même temps, les dépôts devraient s’établir à 863 milliards de DH, en progression de 5,4%. Notons que la hausse des dépôts non rémunérés devrait être moins soutenue que celle des dépôts rémunérés. La part de ces derniers devrait se hisser à 43,5% contre 43,2% en 2015. Au final, les évolutions des dépôts et crédits devraient conduire en 2016 à un coefficient d’emploi de l’ordre de 92,1%, soit son niveau le plus bas depuis 2007.

Le Maroc est l’un des pays les plus bancarisés de la région MENA et de l’Afrique

  Toujours selon les analystes, le secteur bancaire marocain montre des signes de maturité, compte tenu d’un taux de bancarisation relativement élevé par rapport aux pays comparables.  En effet, le Maroc est l’un des pays les plus bancarisés de la région MENA et en Afrique, avec un encours des crédits bancaires (hors crédits accordés aux sociétés financières) s’établissant aujourd’hui à 85% du PIB.  Plus particulièrement, les crédits accordés aux ménages sont de l’ordre de 30,8% du PIB, contre 31,3% en 2014, soit un niveau supérieur à des pays comme la Turquie (20%), la Tunisie (22%), et proche de celui de l’Afrique du sud (33%).

Au niveau du segment des entreprises, les crédits bancaires accordés aux sociétés non financières représentent 53% du PIB. En intégrant la dette obligataire et la dette extérieure des entreprises nationales, cette proportion passe à 70% contre 74% en 2014 (baisse des crédits aux entreprises en 2015) ; soit un niveau légèrement plus bas que celui de la Tunisie (75%), et supérieur à l’Egypte (29%). En définitive, les analystes pensent que ces niveaux de pénétration devraient se stabiliser, voire légèrement augmenter à moyen terme, sachant que la croissance tendancielle du secteur devrait être contenue à un niveau proche de la croissance nominale du PIB, soit autour de 5% à 6%. 

Sur le volet relatif à la politique des groupes bancaires à l’international, CFG affirme que la stratégie d’expansion des trois premières banques marocaines en Afrique subsaharienne et au Maghreb se justifie pleinement. Ainsi, la proportion  de l’international dans les résultats des banques opérant en dehors du Maroc (ATW, BCP, BMCE) à travers 40 filiales, devrait augmenter sur les prochaines années. Une hausse justifiée  par la faible pénétration des services bancaires dans cette région, riche d’un fort potentiel de croissance, ainsi que du bon positionnement des trois groupes bancaires marocains implantés en Afrique de l’Ouest, faisant partie du top 5 en termes de parts de marché. Enfin, les analystes de CFG estiment que la stratégie d’amélioration continue des process et la rationalisation des coûts qu’adoptent les banques marocaines au niveau de leurs filiales africaines devraient se traduire par une baisse des coefficients d’exploitation permettant l’amélioration de la rentabilité de ces dernières.

Loubna Chihab

Loubna Chihab