Attijariwafa bank, CIH Bank et BCP sous la loupe de BMCE Capital Research
4 février 2019
Loubna Chihab (275 articles)
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Attijariwafa bank, CIH Bank et BCP sous la loupe de BMCE Capital Research

Le cours de la filiale d’Al Mada a un potentiel de hausse de 19% par rapport au cours du 21 janvier. CIH Bank peut progresser de 10,7% et BCP de 7,5%.

Dans son rapport boursier annuel, BMCE Capital Research a valorisé trois valeurs bancaires qu’elle a intégrées dans son portefeuille stratégique. Elles n’ont pas la même consistance, mais présentent toutes un potentiel de hausse significatif. Autrement dit, ce sont des valeurs sur lesquelles il faut compter.

Attijariwafa bank : un cours cible de 524 DH

 

Attijariwafa bank

 

Dans un contexte sectoriel marqué par un ralentissement de la distribution des crédits et une série de changements réglementaires, le groupe devrait poursuivre l’amélioration de ses fondamentaux à travers l’élargissement de sa base clientèle au niveau local à travers la mise en place d’un modèle relationnel pour une proximité encore plus importante avec le client (plus de 500 000 nouveaux clients par an). Via le développement des activités de sa filiale égyptienne Attijariwafa bank Egypt (2e contributeur au RNPG au 1er semestre 2018 avec un montant de 180 MDH), dont l’encours de crédits atteint 6,8 milliards de DH durant le 1er semestre de l’année en cours. Ainsi qu’à travers l’accélération du développement des segments faiblement pénétrés, par le lancement de sa filiale participative Bank Assafa détenant plus de 60% de parts de marché en termes de financements et de dépôts. Et le renforcement des investissements technologiques consolidant le positionnement de la banque en la matière avec une part de 43% du digital dans les transactions et une part de marché de 27,1% dans les paiements électroniques.
Par ailleurs, le groupe a entamé un processus de recapitalisation en lançant 3 opérations sur le capital/ fonds propres (une émission obligataire subordonnée en juin de 1,5 milliard de DH, une augmentation de capital réservée aux salariés en novembre de 2,4 milliards de DH et une émission d’obligations subordonnées perpétuelles avec mécanisme d’absorption de pertes et d’annulation des coupons de 500 MDH durant le même mois) devant porter le ratio de solvabilité du groupe à un niveau confortable de 13,03% en 2018 lui permettant d’accompagner la dynamique de croissance de crédits distribués. En Afrique, Attijariwafa bank compte lancer de nouvelles opérations d’acquisition à fin 2019 en commençant par le Rwanda, le Kenya et l’Ethiopie.

BCP : un cours cible de 294 DH

 

BCP

 

L’activité de la BCP a été notamment marquée par la finalisation de l’acquisition de la Banque des Mascareignes à l’Ile Maurice et une reprise des actifs bancaires du Groupe BPCE en Afrique (BICEC, BMOI, BCI et BTK) affichant à fin 2017 un PNB agrégé d’environ 2 milliards de DH et devant avoir une contribution de près de1milliard dans le PNB de la banque en 2019.
Le groupe a également procédé à une prise de participation dans le capital de Wizall, une start-up sénégalaise opérant dans le mobile money, devant permettre à la banque de décliner sa stratégie de déploiement de ce secteur dans toute l’Afrique.
En parallèle, la banque a mis en place sa solution de paiement mobile «BPAY» téléchargée plus de 1 000 fois au lendemain de son lancement et conquête d’une clientèle non bancarisée à travers sa filiale M2T ayant obtenu l’agrément d’établissement de paiement et devant également offrir des services de m-payement ;
Au volet finance participative, la banque a lancé Bank Al-Yousr qui affiche un encours de crédits de 162,2 MDH et un encours de dépôts de 44,3 MDH.
Les analystes rappellent cependant que le groupe pourrait faire face à une hausse du coût du risque en 2019 (+10,2%) suite au projet d’acquisition des 4 filiales africaines du Groupe BPCE installées dans des pays à fort risque dont le Congo, le Cameroun, le Madagascar et la Tunisie. Ainsi qu’à une exposition sur ses filiales d’assurance africaines, compte tenu de la mise en application d’un nouveau cadre réglementaire contraignant dans la Zone CIMA, relevant le niveau minimum de capital.
Par ailleurs, BMCE Capital Research rappelle le niveau de fonds propres limité du groupe avec un ratio de solvabilité de 12,37% au 1er semestre 2018.

CIH : un cours cible de 330 DH

 

CIH

Le groupe devrait assister à une amélioration de ses agrégats financiers (un taux de croissance annuelle moyen prévisionnel de 13,5% du RNPG sur la période allant de 2017 à 2020) tirée par une bonne performance de l’activité commerciale liée à sa stratégie de communication agressive (conquête de plus de 137000 nouveaux clients au S1 2018 et placement de plus de 244 000 nouveaux produits).
Aussi, CIH devrait poursuivre le renforcement de sa proximité avec les clients à travers une stratégie digitale soutenue et parfaitement intégrée au schéma de distribution conventionnelle lui valant 2 millions de connexions/mois et 300 000 opérations bancaires/mois à travers son application.
En termes de réalisations, le groupe a lancé sa première banque participative marocaine «Umnia Bank», détenue à hauteur de 40% par CIH Bank et créée en 2016 en partenariat entre la CDG et le Qatar International Islamic Bank (QIIB). Au 1er semestre 2018, la filiale a affiché un encours de crédits de 523,6 MDH et un encours de dépôts de 287,5 MDH.
Au volet solvabilité, le ratio global au 1er semestre 2018 ressort à un niveau très confortable de 17,36% (intégrant un impact one-shot de l’IFRS 9) permettant à la banque de poursuivre sans difficulté la distribution de crédits.
Côté perspectives, les analystes s’attendent à une implémentation probable d’une stratégie de croissance à l’international, compte tenu de la maturité de la banque, en dépit de l’avortement de l’opération de rachat des parts de l’Etat dans la Banque Zitouna et dans Zitouna Takaful en Tunisie.
Par ailleurs, quelques points seraient à guetter selon les analystes, notamment les difficultés du groupe à se désengager des hôtels dans le contexte actuel (Sangho et Tivoli). La forte exposition au secteur immobilier caractérisée par un tassement des ventes et mises en chantier. En plus d’un potentiel de récupération sur des dossiers historiques qui s’amenuise. Et les investissements importants dans lesquels le groupe s’est engagé et qui sont liés au démarrage de sa filiale participative (coefficient d’exploitation de 61,5% au 1er semestre 2018).

Loubna Chihab

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