Transport urbain à Marrakech : les nouvelles règles du jeu

L’ouverture des plis prévue le 7 janvier est reportée de trente jours. Une flotte complètement neuve exigée au bout d’une année n La région et le ministère de l’intérieur impliqués dans la gestion du processus d’adjudication.

Petit rebondissement dans le transport urbain par autobus à Marrakech. Prévue le 7 janvier 2019, l’ouverture des plis relative à l’appel d’offres de transport urbain par autobus, auquel ont déjà soumis l’ancien délégataire Alsa -le contrat arrive à expiration en juin- et le groupe City Bus Transport, a été repoussée de trente jours. Pour cause, un écrit envoyé récemment par Karim Kassi-Lahlou, wali de la région Marrakech-Safi, à la SDL City Bus Motajadida, en charge de l’appel d’offres, «demandant à la SDL d’accorder plus de temps au processus d’adjudication du marché», explique Abdelkarim El Khatib, coordinateur du Conseil de la ville de Marrakech. Dans la foulée, des clauses de l’appel d’offres, considérées comme éliminatoires, ont été supprimées et remplacées par d’autres. Il s’agit, selon Younes Benslimane, vice-président du Conseil de la ville et président du conseil d’administration de la SDL, de «la présentation d’un certificat international de qualité et de la possession d’un garage d’une superficie de trois hectares». Deux nouvelles conditions ont été instaurées : la nécessité d’avoir une expérience minimum de cinq ans dans une agglomération dépassant 800 000 citoyens et des capacités financières pour mener une activité dans une ville de l’ampleur de Marrakech.

La question des compétences soulevée

Younes Benslimane a, en outre, révélé les détails les plus importants de l’appel d’offres, «dont une dizaine de points devant être éclaircis suite à l’écrit du wali». Premièrement, au terme de la première année d’exploitation, toute la flotte en circulation, dont vingt-cinq bus électriques, doit être complètement neuve. Les bus circulant, au cours de la première année transitoire, ne doivent pas avoir une durée de vie supérieure à 5 ans. En ce qui concerne la tarification, il n’y aura pas de changement. Un barème d’investissement et un autre barème locatif, relatif aux dix bus acquis par la SDL et cédés au délégataire, ont été instaurés, «sans parler du respect du Plan de déplacement urbain de Marrakech et des différentes études réalisées, relatives aux lignes rapides», précise M. Benslimane.
Ces rebondissements soulèvent la question des compétences et des relations entre la SDL et les autorités de la ville. Selon la loi régissant les communes, les PV du conseil d’administration de la SDL doivent être envoyés au wali de la région. C’est ce qui explique que le cahier des charges préparé par City Bus Motajadida a été envoyé, courant 2018, au ministère de l’intérieur, pour observation, et aux associés de la SDL, le Conseil communal et le Conseil de la région de Marrakech, «sans qu’aucune remarque ne soit faite», précise le président du CA de City Bus Motajadida. La gestion du transport périurbain, qui entre dans le giron des compétences de la Région, fait de cette dernière un acteur important du transport urbain par autobus dans lequel la SDL est centrale. «Cette dernière est régie par un régime de société anonyme et non selon la loi administrative des marchés publics. Aussi, elle n’est pas soumise au contrôle du ministère de l’intérieur», souligne Younes Benslimane.