Tout ce qu’il faut savoir sur l’eau dans le grand Casablanca

La journée mondiale de l’eau est célébrée, chaque année, le 22 mars. L’occasion pour Lydec, délégataire privé du service de distribution d’eau et d’électricité dans le Grand Casablanca, de revenir sur les défis ayant trait à l’eau, dans une conférence organisée ce jeudi 21 mars à Casablanca.

547.428 m3. C’est le volume quotidien moyen d’eau potable distribuée dans le grand Casablanca en 2018. Un volume qui ne cesse d’augmenter d’année en année, du fait de l’urbanisation galopante et le développement que connait le premier pole économique et industriel du royaume. Selon les prévisions du délégataire, le grand Casablanca aura besoin quotidiennement de 783.000 m3 en 2030. En résumé, voici ce qu’il faut savoir sur l’or bleu dans le Grand Casablanca.

Urbanisation, le grand défi
Le périmètre urbain du Grand Casablanca croît chaque année de 300 hectares, voire un peu plus depuis 2015. Une cadence qui va encore s’accélérer dans le futur pour atteindre un niveau de 1000 hectares d’ici 2030. Aussi, le raccordement en eau des nouvelles zones urbaines nouvellement créées nécessite à l’évidence des volumes additionnels. Plus encore, la transformation des zones rurales en zones péri-urbaines ou urbaines fait automatiquement augmenter la consommation chez les populations. Cela, sans compter, le développement des zones industrielles nouvelles, qui accueillent certains industriels qui utilisent l’eau comme intrant. Interrogé par la Vie éco sur le poids de l’eau destinée à l’industrie dans la consommation globale, Noureddine Amarti a révélé que celle-ci est située entre 9 à 10%.
Des sources variées 
« La région de Casablanca dispose de très peu de réserves d’eau. Celles-ci ne comblent que près de 1% des besoins. Tout le reste est satisfait à partir d’autres régions au sud et au nord », explique Fouad Amraoui chercheur et acteur associatif. En effet, la partie nord du Grand Casablanca est alimentée par les amenées de Bouregreg (73 Mm3) et Fouarat (10Mm3). « Cette eau est de qualité meilleure du fait du climat qui favorise les précipitations et de la pollution moins prépondérante, dans la région de Rabat », indique l’expert.
De son coté, la partie sud du Grand Casablanca est alimentée par les amenées de Oum R’bia (52Mm3) et Douarat (63Mm3). Si la qualité de l’eau distribuée y est moins bonne que celle dans la partie nord, toutes les deux répondent à la norme marocaine en vigueur, sachant qu’il y a des zones au centre ville qui sont alimentées par les deux sources. Fait important à noter : dans un même quartier ou une même zone de la ville, la qualité peut varier, selon plusieurs paramètres liés au réseau (pression, stagnation ou circulation, vétusté) ou aux installations des foyers. Côté goût, l’expert explique que les qualités organoleptiques sont à distinguer des qualités de potabilité, d’autant plus que leur appréciation reste subjective. A noter que la qualité peut également varier selon les conditions climatiques ou météorologiques.
Des contrôles à plusieurs niveaux
L’eau qui arrive dans vos robinets est contrôlée à plusieurs reprises et par plusieurs acteurs. En amont, les producteurs – à savoir l’ONEE ou les sociétés gestionnaires des barrages – réalisent des contrôles sur les eaux brutes sur différents points des usines de traitement et aux points de livraison en gros aux distributeurs.
Chez les distributeurs, l’eau est censée être contrôlée sur toute la chaîne de distribution, depuis l’entrée de ses réservoirs jusqu’aux compteurs des clients.
Pour le cas de la Lydec, des paramètres tels que la turbidité, la conductivité, le chlore et la température sont contrôlés en temps réel. L’analyse des échantillons est effectuée quotidiennement à travers 167 points de prélèvement dans un laboratoire accréditée ISO17025. A ces contrôles s’ajoutent ceux du ministère de la santé via les délégués  régionaux, qui sont autorisés à accéder aux installations 7J/7 et 24H/24.
50 millions de m3 économisés en 2018 
La détection et la réparation des fuites d’eau permettent une meilleure économie d’eau. A ce titre, les technologies déployées par la filiale de Suez ont permis d’économiser un volume de 50 millions de m3, soit l’équivalent de la consommation annuelle d’un million d’habitants. A commencer par la recherche des fuites en recourant à des techniques de pointes (satellite, parc de pré-localisateurs, smart ball, sectorisation avancée), en gérant la pression par la modulation avancée (50% du réseau) et en gérant les données en temps réel via un outil dédié (Aquadvanced). Lydec procède aussi à la gestion du patrimoine via des outils innovants pour un meilleur ciblage des renouvellements. Chaque année, le délégataire renouvelle 30 km de conduits et 5000 branchements isolés.
Quartiers défavorisées : plus de 50000 foyers raccordés 
L’accès à l’eau potable est un droit garanti aussi bien par le droit international que la constitution marocaine. Toutefois, ce droit est encore loin d’être consacré pour plusieurs raisons dont essentiellement l’habitat insalubre et l’enclavement de certaines zones. En effet, 1,3 million de Marocains sont privés d’eau potable. Pour changer la donne, la Wilaya de Casablanca, la ville et Lydec œuvrent dans le cadre du projet « Inmae » pour raccorder 92.500 foyers (un demi million d’habitants) pour une enveloppe de 2 milliards de DH. A ce jour, 50.639 foyers ont été raccordés depuis 2005 alors que 15070 sont en cours de travaux. A noter que les foyers ciblés par Inmae représentent à eux seuls la moitié des foyers urbains non raccordés.
Les chiffres clés de l’Eau dans le Grand Casablanca :
+ 6.500 km de canalisations desservant + 1,2 million de clients
200 millions de m3 d’eau potable mis en distribution en 2018
Environ 5,4 milliards de DH d’investissements cumulés dans l’eau (1997-2018)
36 réservoirs et châteaux d’eau représentant une réserve totale de 667.130 m3 (autonomie de plus de 29 h)
19 stations de pompage et 22 sur-presseurs
104 régulateurs de pression