Polémique autour d’un projet touristique au Nord d’Agadir
13 novembre 2018
Malika Alami (54 articles)
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Polémique autour d’un projet touristique au Nord d’Agadir

« Ne touchez pas à mon littoral ! Domaine publique spolié ! Privatisation des plages d’Imi Ouadar ! Anza s’asphyxie ! Basta !…  » La société civile est inquiète quant à la situation environnementale ainsi que le développement urbanistique de la zone Nord d’Agadir et le crie haut et fort.

Lundi dernier, dans l’après-midi un groupe de personnes a tenu un sit-in devant la wilaya du Souss Massa pour exprimer son inquiétude et interpeler l’autorité locale sur la question.

Ce mouvement de protestation concernant la situation environnementale et l’aménagement des plages du Nord d’Agadir ne date pas d’aujourd’hui. Depuis plusieurs mois, sur les réseaux sociaux le sujet est au cœur du débat. Tout a commencé avec l’extension d’un projet d’hôtellerie de plein air au km 26 au Nord d’Agadir dans la localité d’Imi Ouadar. Pour des représentants de la société civile, ‘’ce projet à travers cette extension a causé la destruction d’une partie d’un rocher sur les lieux et outrepasser ce qui est autorisé dans le plan de zonage relatif à la localité’’. Les promoteurs du projet s’en défendent documents à l’appui et nient toute dégradation de l’environnement. Ils avancent également que ‘’les derniers travaux décriés par les riverains visent la protection du site par la pose de géotextile dans la limite de leur assiette foncière’’. Sur les lieux c’est un projet bien structuré d’hôtellerie de plein air qui a été réalisé. Autorisé pour une occupation temporaire en location sur le domaine public maritime, le promoteur dit investir au total 35 millions de DH pour développer son projet sur la base d’un concept de location et vente de mobile home et de location d’espaces pour camping-cars. Sur place, outre les espaces dédiés à l’hébergement, une zone, de plus d’un hectare, ouverte au public offre à tous un parking, des espaces de restauration et des installations sanitaires. En outre dans un souci environnemental, une station d’épuration a été installée sur les lieux pour l’assainissement liquide des eaux usées qui devraient être réutilisées après traitement pour l’arrosage des espaces verts du site.
Malgré ces équipements, ce projet d’investissement continue à susciter des réactions dans la société civile. Le mystère de la pelleteuse qui avait été filmée il y a quelques mois creusant une partie du rocher qui sépare la plage du km 25 de celle du km 26, au nord d’Agadir, reste entier et encore à élucider. Le promoteur du projet qui ne comprend pas pourquoi son projet dérange nie toute implication de ses engins dans l’acte de creuser dans ce rocher.
Pour les représentants de la société civile montée au créneau, les préoccupations sont uniquement d’ordre écologique. C’est d’ailleurs c’est pour eux, ce même souci qui justifie leur indignation lundi dernier en ce qui concerne une décharge sauvage créée à six km d’Imi Ouadar où sont déversés les déchets de la localité.
Le mouvement en question soulève aussi la situation environnementale d’Anza. Cette dernière commune souffre sérieusement depuis des décennies d’une forte pollution en raison des rejets liquides et gazeux des unités industrielles encore implantées dans la localité. Une situation qui a été à l’origine de la perte du pavillon bleu pour la plage d’Agadir. Aujourd’hui la Wilaya du Souss Massa a pris en main le dossier et une commission réunissant plusieurs départements fait pression sur les établissements industriels de la localité pour un véritable filtrage de leurs rejets gazeux et mettre en place des stations d’épuration. Et ce n’est pas les fonds qui manquent. Des appuis financiers sont proposés à travers le Fond de dépollution industrielle (FODEP). ‘’Ils ont 15 jours pour réaliser leur étude et six mois pour l’installation de stations dépuration’’, indique une source proche du dossier. Mais sans volonté et une bonne dose de citoyenneté des responsables de ces unités industrielles, il sera difficile de changer la situation d’Anza. De fait seul, le déplacement définitif, programmé depuis longtemps, de ces unités industrielles implantées sur les lieux depuis 1941, mettra fin au calvaire des habitants d’Anza.

 

Malika Alami

Malika Alami