Agadir : les détails de la feuille de route du Conseil régional du tourisme

Promotion, aérien, produit et animation sont les axes prioritaires réunis sous le sigle PAPA. Au moins 10 000 lits sont à rénover. La destination doit offrir plus que le duo plage et soleil.

Deux mois après la composition de son nouveau bureau exécutif, le Conseil régional du tourisme de Souss-Massa (CRT) présente sa nouvelle feuille de route triennale. Promotion, aérien, produit et animation sont les axes prioritaires réunis sous le sigle PAPA, du plan d’action de la nouvelle équipe. «Un programme qui ratisse large, réalisé dans une démarche de concertation», souligne Rachid Dahmaz, président du CRT.
A propos de la promotion qui reste le cœur de la mission de l’association, il s’agit principalement de mettre en œuvre une stratégie digitale à travers différents canaux pour donner plus de visibilité à la destination. Concernant l’aérien, l’intention est, en partenariat avec l’Office national marocain du tourisme, le Conseil régional de Souss-Massa, les tour-opérateurs et les compagnies aériennes, de renforcer la connectivité aérienne de la station balnéaire. Au niveau du produit, le CRT entend notamment mettre en place des kiosques d’informations comme outils de communication. Pour l’animation, il est prévu «la structuration et la valorisation d’événements authentiques spécifiques à la destination ayant une connotation touristique forte», est-il indiqué. Il s’agit précisément d’un agenda annuel d’événements à date fixe. Tout un programme décliné en plusieurs actions pour lequel l’implication de toutes les institutions de la région et du tourisme national est nécessaire. Pour accompagner cette dynamique et fédérer tous les intervenants, le CRT planifie aussi de concevoir un Système d’information touristique régional, souligne Meryam El Ouafi, présidente déléguée du CRT. L’ensemble de ces actions vise bien sûr à faire redécoller la destination et lui faire atteindre, à l’horizon 2021, plus de 1,5 million d’arrivées et plus de 7,24 millions de nuitées, soit respectivement + 13% et + 12% par rapport à 2018. Les professionnels espèrent également un taux d’occupation global de 65% contre 54,17% en 2018.

12,5 MDH à trouver pour compléter le budget de financement

Pour l’heure, le souci est de trouver les ressources financières. En tout, 99 MDH sont nécessaires pour le plan d’action triennal, soit 33 millions par an. Par rapport à ce qui est alloué annuellement à l’association aujourd’hui à travers les financements des institutions partenaires (10 MDH du Conseil régional Souss-Massa, 5,4 millions de la Commune urbaine, 5 millions de l’ONMT et 100 000 DH du Conseil préfectoral), c’est un gap de 12,5 millions qu’il va falloir combler.
Il y aura aussi fort à faire pour rendre la destination plus attractive et mieux desservie sur le plan aérien. Ce n’est un secret pour personne qu’une partie de la capacité d’hébergement est encore à mettre à niveau. Soit plus de 10 000 lits ont plus de 40 ans. A cet égard, la question de l’accompagnement des propriétaires reste posée.

En attendant, la station balnéaire est encore marquée par le contraste. L’augmentation de l’activité ne bénéficie pas à tous les établissements et les retombées sur le reste de l’économie sont faibles. Les restaurants ont du mal à faire le plein et les bazars de produits d’artisanat sont nombreux à être en difficulté.
De plus, à en croire les professionnels, le prix de la nuitée a baissé en moyenne de près de 25% par rapport à 2007. «Globalement au niveau de la station balnéaire, l’apport nuitée a baissé de 20 à 30% en 12 ans», estime Salah-Eddine Benhamane, DG des hôtels d’Atlas Hospitality à Agadir. Une information confirmée par un grand nombre d’hôteliers. A en croire M.Benhamane, la raison réside dans le déficit en termes d’animation et de capacité litière. «En dix ans, la ville n’a enregistré que trois nouveaux établissements», déplore-t-il. «La station balnéaire est complètement décalée par rapport à la concurrence. Le label mer et soleil à lui seul n’est plus vendeur. Le développement d’une destination suppose des infrastructures, un encadrement à plusieurs niveaux et des activités ludiques», souligne pour sa part Rachid El Habtey, DG au sein du groupe Tikida. «La durée de séjour est de plus en plus courte en raison des connexions aériennes low cost, qui favorisent les déplacements fréquents», ajoute-t-il.
En février, elle s’est établie à 4,67 nuitées contre 4,98 à la même période de 2018 et 6,32, en 2007.

Mise à niveau urbaine

De son côté, Rachid Dahmaz pointe du doigt la desserte aérienne. Selon lui, les plages horaires et le type d’avions mis en place pour le renforcement de la connexion aérienne entre Agadir et Casablanca ne sont pas adaptés. Rappelons que le Conseil régional de Souss-Massa et le ministère du tourisme ont conclu une convention avec la compagnie nationale pour miser annuellement à partir de l’exercice 2018/2019, respectivement 36 et 10 MDH, soit un total de 46 MDH, pour le renforcement de la connectivité aérienne entre Agadir et Casablanca.
Pour développer un tourisme à haute valeur ajoutée, il y a, selon M. Benhamdane, comme tous ses pairs, des efforts à faire en termes de mise à niveau urbaine. Une destination c’est aussi un dispositif performant de santé, de sécurité, de transport et d’information dès l’aéroport ou la gare routière. Tous les acteurs de la destination sont en effet concernés. Comme le dit si bien le nouveau slogan du CRT : «We are all Souss Massa!».