Tourisme : les séjours détox et bien-être font leur apparition au Maroc

Entre yoga, marche, soins et menus adaptés, ils sont prisés par une clientèle haut de gamme. Les régions marocaines se prêtent idéalement à ce type de produits. Ils permettent aux établissements de diversifier leur clientèle.

Partir quelques jours, voire plus d’une semaine, pour rééquilibrer son corps et son esprit. Voilà un marché de niche qui a trouvé dans la destination Maroc un potentiel de développement non négligeable. Il faut dire que le Royaume dispose de forts atouts pour développer ce type de produits prisés par une clientèle avertie et exigeante. Pour preuve, la formule séduit les hôteliers marocains, de l’établissement niché au cœur des montagnes aux 5* des destinations très courues, et rencontre un succès prometteur. «Nous enregistrons de plus en plus de demandes. Il faut dire que notre établissement s’y prête bien», confie Alexandre Leymarie, propriétaire de Kasbah Beldi situé au bord du lac Lalla Takerkoust. L’établissement s’est lancé dans ce concept en 2014. Doté d’une salle dédiée au yoga, il accueille des groupes venus du Royaume-Uni, de France mais aussi du Maroc accompagnés de leur professeur de yoga pour des «retraites» combinant yoga, jeûne et activités de bien-être (randonnées, massages, discussions, etc.). En moyenne, ce sont 6 à 7 semaines par an qui sont réservées pour ce type de séjours. «Nous sommes bien sûr ouverts pour en accueillir davantage», poursuit Alexandre Leymarie. Un tel produit, qui se vend à partir de 950 euros la semaine, est essentiellement recherché par une clientèle haut de gamme. «C’est une philosophie qui correspond à notre établissement», ajoute le propriétaire qui ne manque pas de rappeler qu’une telle clientèle est bien moins perméable au contexte environnant que la clientèle de loisirs traditionnelle.

Les entreprises ne sont pas encore sensibilisées

Si vous tapez «séjour détox Maroc» sur votre moteur de recherche internet, le Maroc figure en bonne place aux côtés de la Grèce, de l’Italie et de la France. «Le concept commence à prendre au Maroc. Cette année, j’espère organiser 6 séjours, alors que j’en ai organisé 4 l’année dernière», explique Mounia Benjelloun, fondatrice de Ma Parenthèse, à Casablanca. Depuis 2 ans, cette dernière organise des séjours, notamment au Kasbah Beldi, par groupes de 12 à 14 personnes. Accompagnés d’un médecin-naturopathe, d’un professeur de yoga et d’un guide (pour la randonnée), les participants se prêtent à 1 heure de yoga quotidienne suivie de 2h de marche et d’une après-midi détente avant de clore la journée par une dernière séance de yoga et une discussion sur une thématique appropriée. «Il ne s’agit en aucune façon d’une retraite spirituelle ou d’une diète. Nous sommes là pour proposer un mode de vie sain et faire en sorte que les participants se recentrent sur eux-mêmes», poursuit Mounia Benjelloun. Sa clientèle est plutôt hétéroclite (hommes et femmes, marocains essentiellement mais aussi quelques étrangers, actifs ou non) et n’hésite pas à débourser à partir de 13 000 DH la semaine ; un tarif justifié par le nombre d’intervenants présents et le suivi pré et post-séjour que la formule comprend. «Il y a un réel besoin pour ce type de séjours, même si cela fait encore peur. Il suffit d’éduquer les gens sur les bienfaits d’une cure détox», souligne-t-elle. Les entreprises elles-mêmes ne semblent pas encore prêtes à utiliser le concept, alors qu’il est peut être utilisé comme un outil de cohésion interne. La durée de séjour paraît aussi rédhibitoire. «Pour certains, c’est trop long. Mais pour qu’il y ait un réel effet sur le participant, il ne faut pas moins de 5 jours», explique Mounia Benjelloun. Et pour que les clients soient davantage intéressés, le lieu de séjour doit être équipé des infrastructures nécessaires et respecter certains standards.

Le concept permet de diversifier les sources de recettes

Même si elle ne permet pas de réaliser des marges extraordinaires –en cure ou en jeûne, la consommation est réduite à son strict minimum-, de tels produits permettent ainsi de diversifier les recettes. «Bien sûr, cela nous permet de remplir nos périodes creuses», avoue Alexandre Leymarie. Du coup, le concept n’a pas échappé à d’autres catégories d’établissements. La Sultana Oualidia propose ainsi, ce mois-ci et en septembre, une offre «Natural Moroccan Detox». D’une durée de 6 jours, la formule, affichée à 9 800 DH, en sus d’un hébergement de 6 nuits, comprend des sessions de yoga, de pilates, de fitness, des soins SPA et un «régime gastronomique composé de produits équilibrés, frais et locaux». Quant au Mazagan Beach & Golf Resort, il vient de lancer en mars dernier une activité yoga. Pour cela, il a fait appel à une professeure de yoga certifiée, Vicky Thompson, qui s’est entourée d’une équipe de formateurs. A partir de 220 DH, les résidents peuvent ainsi bénéficier de cours de yoga en groupe ou privé, de 7h à 20h. Deux séances de cours quotidiennes sont également prévues.